Enquêtes et Anecdotes de Riton Lacapuche, enseignant-chercheur !

Riton Lacapuche, enseignant-chercheur de renom, passe son temps libre à résoudre moult mystères ! Et ce, grâce à son intellect surpuissant, voire inégalable !

06 mai 2008

Le chat Oprince dort

« Miaou ron ron zzzzzzzzzzzz », me raconta Mirogémoto Kaiwa. Le spécialiste des motocyclettes n’avait pas perdu les pédales, non. Le brave homme, que j’avais déjà tiré de l’embarras*, me sollicitait pour une nouvelle énigme. Il me transmettait les dernières paroles de son chat, Oprince. Ce dernier s’était endormi la veille au soir, et ne se réveillait pas.

Cette malédiction féline m’interpella. Il fallait prendre les choses en main rapidement, afin que la pauvre bête se réveille à temps pour ne pas mourir de faim, ou de soif, ou de chaud, ou de froid, ou que sais-je encore.
Que le matou Oprince se soit endormi ne posait guère de problème. Mais pourquoi diable dormait-il encore vingt-quatre heures après ? Et pourquoi diable Mirogémoto m’avait contacté, moi, qui me moque éperdument de ces mammifères à pattes ?
Il avait commencé, en toute logique, sans grande surprise et bien évidemment, par appeler le vétérinaire. Ce dernier, déjà pris par les crampes d’estomac d’un hippopotame hongrois, n’avait pas pu se déplacer d’urgence. Il s’était donc rabattu sur Riton Lacapuche, dont la réputation d’enquêteur éclair n’était plus à faire.
J’arrête maintenant de m’évoquer à la troisième personne et au passé, pour poursuivre la narration de cette anecdote animalière.

C’est en motocyclette que nous rejoignîmes la propriété des Kaiwa. Mimi conduisait, et je m’agrippai à son blouson de loubard. En arrivant, j’eus toutes les peines du monde à ôter le casque sans froisser ma moumoute.
Krapatuchita, la femme de Mirogémoto, nous attendait en pleurs. Oprince dormait encore et la pauvre Krakra était inconsolable. Je lui offris mon mouchoir, dans lequel elle s’engouffra pour sécher ses larmes. Lorsque je la vis fuir en criant vers la salle de bains, je compris tout de suite que j’avais oublié une chose… le mouchoir avait déjà servi.
Après cette honte carabinée qui me valut les foudres de Krakra, nous nous rendîmes dans la cuisine, où Oprince dormait dans sa litière.

« La soupe est servie… Oh là là, une souris !... Un oiseau à la fenêtre !... Viens Azraël, on va capturer les schtroumpfs !... Oh la jolie chatte qui passe dans la rue ! »… rien à faire ! J’essayai de susciter une curiosité chez le matou, sans succès.
Pour le réveiller, mieux valait savoir de quoi il souffrait. Nous nous interrogeâmes longuement à ce sujet. Il ne pouvait point être malade, puisqu’un chat ne peut pas avoir une fièvre de cheval. De même, un coup de fatigue était à écarter, car même s’il eut couru un marathon ou dansé le charleston deux heures durant, il s’en serait remis plus vite. Quant au coup de la belle au bois dormant, il n’était plausible que dans une fiction, et puis faire ça à un chat eut été une bien drôle d’idée. Au cas où, je me dévouai tout de même pour lui faire du bouche à bouche, mais il n’ouvra pas ne serait-ce qu’un huitième d’oeil.

« Bain go ! », m’exclamai-je soudainement. Je ne voyais en effet qu’une seule et dernière cause du sommeil de l’animal, la nourriture qu’il avait ingurgitée ! Mes deux hôtes m’affirmèrent que sa gamelle était parfaitement saine. Mais dans la foulée, l’œil de Krakra se mit à luire intensément, signe d’une présence d’esprit.
En regardant attentivement la gamelle, elle avait trouvé la clé du mystère. Deux cachets se trouvaient mêlées à la pâtée nauséabonde. Elle m’expliqua qu’elle prenait des somnifères qui se trouvaient dans le placard tout proche. Par inadvertance, elle en aura fait tomber quelques-uns et le matou gourmand aura jeté dessus son dévolu.

Krakra m’avait volé la vedette en trouvant la solution, mais après l’affaire du mouchoir, je ne pouvais pas lui en vouloir… d’autant plus que tout était de sa faute. Je la saluais poliment, puis Mimi me ramenait chez moi, et s’excusait de m’avoir dérangé pour si peu.

Le lendemain matin, Oprince se réveillait. Quant à moi, après l’escapade nocturne en motocyclette, j’avais un chat dans la gorge…

FIN.

* Voir Les Bijoux de la Kaiwa

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29 avril 2008

Les toiles mystérieuses (3/3)

Dès l’aube, j’étais au taquet, comme disent les petites gens. Après avoir nettoyé mes lunettes avec un chiffon sec pour mieux y voir dans cette affaire, je me mouchais violemment pour bénéficier de mon flair à 100%.
Jean-Guy, quant à lui, s’était difficilement remis de sa vision nocturne, et me regardait avec un petit air apeuré. Il avait la tête dans le pâté, de même que j’avais ma biscotte dans le café…

Nous nous mîmes à réfléchir à haute voix, sans mimer donc, avec l’objectif d’enfin avancer dans notre enquête, si ce n’est la démarrer.
Je pensai alors à une coïncidence malencontreuse. Nous venions d’être confrontés à deux histoires étonnantes qui, a priori, n’avaient rien en commun. D’une part, Bernard Barcoupé avait fait deux bourdes mémorables contre les montaxiens. Dans le jargon du football on appelle ces erreurs des toiles. D’autre part, des toiles avaient été volées par d’astucieux cambrioleurs. Dans les deux cas, l’affaire pouvait s’intituler « les toiles mystérieuses ».
« Tu crois que c’est Spiderman qui a fait le coup ? » me lança Jean-Guy, qui essayait de me faire comprendre que ma remarque n’avait guère d’intérêt. Et pourtant…

Quelques minutes plus tard, le téléphone sonna. C’était la mère Aboire, une voisine de Jean-Guy. Montaxy étant un petit village où l’inaction est souvent de mise, les commérages vont bon train. Du coup, les informations, erronées ou non, circulent vite (par le biais du téléphone, pas du train). Je pus écouter, car la vieille dame parlait fort, quelques bribes de la conversation :
« Il est arrivé malheur à Joseph Préchard !... C’est Raoul Poileucaillou qui l’a ramassé dans la rue… Il était dans un sale état, mon pauvre ami... Il l’a reconduit chez lui… ».

Nous faisions ni une, ni deux, ni même quatre ou cinq ! Aussitôt le téléphone raccroché, nous filions à toute allure au domicile du footballeur. La voiture dut frôler les 35 km/h…
Raoul Poileucaillou était là, et salua le bon entretien de ma moumoute. Le héros du match de l’avant-veille était allongé sur le divan, avec un bel œil au beurre noir. En guise de sale état, ce n’était pas la mer à boire. « Justement, si ! », me rétorquait Jean-Guy, « puisque c’est elle qui m’a prévenu ». Mais l’humeur n’était pas à l’humour.

Joseph Préchard nous raconta pourquoi il avait été agressé. Footballeur le week-end, il nous rappela qu’il était artiste peintre en semaine (et les week-ends sans match). Je commençais à y voir plus clair, d’autant plus que Poileucaillou avait ouvert les volets.
Quelques jours avant le match, il avait été contacté secrètement par Bernard Barcoupé. Ce dernier, grand amateur d’art, voulait lui faire reproduire quelques tableaux célèbres. Doutant un peu quant à l’honnêteté de ce travail, Joseph Préchard finissait par accepter quand Barcoupé lui promettait de se trouer lors du match…
Tout se passa comme prévu lors de la confrontation, et Joseph fut le héros d’un soir. Il devait ensuite recevoir la visite de Barcoupé le matin même, qui lui amènerait les tableaux. Seulement voilà, Joseph avait lu le journal et appris que ces tableaux venaient d’être volés. S’en suivit une violente altercation entre les deux hommes. Bracoupé frappait violemment le pauvre Joseph en pleine figure, et lui conseillait d’éviter d’ébruiter cette affaire, dans son propre intérêt.

L’histoire des toiles mystérieuses était résolue ! Dès après avoir appris tout cela, nous fîmes arrêter Bernard Barcoupé. La police mit la main sur les tableaux car le gardien n’avait pas eu le temps de les confier à un autre peintre. Il fut forcé d’avouer, et pour se venger confia que Préchard aussi était dans le coup. Oui mais voilà, il n’avait aucune preuve de ce qu’il avançait, et son propos fut prit pour une excuse de bas étage après ses bourdes du match…

Au final, Joseph Préchard s’en tirait avec les honneurs, et il marqua même un nouveau but lors du match suivant ! Quant à moi, malgré mon action limitée, j’étais fier d’avoir aidé à la résolution d’une nouvelle enquête…

FIN.

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22 avril 2008

Les toiles mystérieuses (2/3)

Jean-Guy et moi réfléchissions à l’exploration de pistes. Seulement, à l’heure de la sieste, nous prîmes un aller simple pour le royaume des rêves. La nuit avait été dure.
C’est donc à 18h15 que les frêles enquêteurs que nous étions, et que nous sommes toujours, se mirent à réfléchir réellement.
Après trois heures de réflexion intense, nous décidâmes de nous rendre à Brassigny-les-Mirettes dès le lendemain matin, si on arrivait à se lever.

Le lendemain après-midi, nous partions vers le musée. C’est Jean-Guy, qui avait son permis depuis longtemps mais pas de voiture, qui conduisait. Le temps était calamiteux et nous étions en proie à une pluie battante. Par précaution, nous parcourûmes les quarante kilomètres qui nous séparaient de notre objectif à la vitesse de dix kilomètres à l’heure. Je ne suis plus certain car je somnolais à moitié, mais je crois me souvenir avoir vu un tracteur nous doubler, ainsi qu’une motocyclette. Le nombre de dangers publics qui circulent sur nos routes est impressionnant !

Nous arrivâmes à la tombée de la nuit. Alors que nous pénétrions dans l’enceinte du musée, nous fûmes jeter dehors par le gardien qui fermait. Nous protestâmes violemment en disant qu’on venait pour aider à retrouver les cambrioleurs. En guise de réponse, il nous répondit : « La prochaine fois, messieurs les fins limiers, venez aux heures d’ouverture ! ».
Nous n’étions guère joyeux de nous faire repousser, de surcroît par cet olibrius moqueur au bas métier.
Un bon repas mit fin à notre chagrin. La choucroute aux asperges, marinée dans de l’huile de noix du Languedoc, s’avéra divine. Avec ce plat et notre mésaventure, nous faisions doublement chou blanc. Ce bon mot est à mettre à l’actif de Jean-Guy, qui n’est pas le dernier pour la rigolade.

Le retour se fit sans souci. La pluie avait cessé, nous pûmes donc approcher les soixante kilomètres à l’heure en rase campagne. Une fois arrivée, nous nous rendîmes compte que Jean-Guy, peu habitué à la conduite nocturne, avait roulé tout le voyage en phares. Nous comprîmes alors pourquoi nous avions reçu tant d’appels lumineux… nous croyions sur le coup qu’on cherchait à nous prévenir d’un contrôle de police de route.

Nous allâmes directement nous coucher, éreintés par cette journée mouvementée. La chambre d’ami étant provisoirement encombrée, Jean-Guy avait été contraint de m’accueillir dans son clic-clac deux places. Bien que robuste et quelque peu vétuste, il fut un bon compagnon de nuitée. Je parle bien sûr du clic-clac.
En pleine nuit, Jean-Guy hurla à la mort, tel un loup qu’on aurait brûlé vif ! J’ouvrai alors soudainement les yeux, surpris par ce cri d’effroi. Je découvrais mon Jean-Guy, encore sous le coup d’une violente émotion. Quelques gouttes de sueur s’échappaient de son crâne, je les percevais par le biais de la lampe allumée. Je croyais qu’il avait fait un cauchemar, mais il n’en était rien. Il avait simplement voulu se lever, pour combler une soif légitime. Pour cela il avait allumé la lumière, et m’avait soudain vu… la bouche ouverte, sans mes cheveux. J’avais en effet enlevé ma moumoute une fois la lumière éteinte, et c’était la première fois que Jean-Guy me voyait « nu-tête », si j’ose dire.

Cet incident passé, nous nous rendormîmes sereinement. Avant de me remettre à ronfler, je pensai néanmoins que l’enquête n’avait guère avancée. Il allait falloir hâter le pas…

A suivre…

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15 avril 2008

Les toiles mystérieuses (1/3)

« Nous sommes les montaxieeens ! Et on a peur de rieeen ! Alleeez Montaxyyy ! Alleez Montaxyyy ! ». Telles étaient les paroles chantées par le gai public du stade Elton John de Montaxy, ce soir-là. L’équipe de la ville était classée en cinquième division, où elle visait difficilement le maintien. Mais cette fois-ci, elle avait l’occasion de briller devant les journalistes de tout le pays. Les montaxiens étaient engagés en coupe de France, et recevaient une grande équipe de première division. Ils avaient une chance sur un million de l’emporter mais la ferveur populaire était bien là. J’en aurais presque fait voler ma moumoute de la même manière que les supporters voisins agitaient leurs écharpes colorées.
Etant vous le savez un grand passionné du ballon rond, je m’étais rendu à Montaxy pour soutenir les protégés de mon ami Jean-Guy*.

Alors que les montaxiens résistaient mieux que prévu au rythme de jeu imposé par les professionnels, un fait de jeu marquant donna lieu à des effusions de joie dans le stade. Un centre anodin de Joseph Préchard, numéro 10 montaxien et artiste peintre de son état, fut mal repoussé par Bernard Barcoupé, qui était pourtant un gardien international. Le ballon arriva dans les pieds de Gilles Tripoli qui le mit dans les filets. 1-0 pour Montaxy ! A 10 minutes du terme de la rencontre. Le stade explosait et se mettait à croire à l’exploit !
Les dernières minutes du match furent exaltantes. L’équipe de première division se rua à l’assaut des buts montaxiens, gardés par Lionel Charborevault. Ils voulaient éviter de subir les quolibets d’une défaite chez des amateurs.

Comme souvent en football, le dernier contre montaxien fut fatal ! Le ballon arriva dans les pieds de Joseph Préchard. Celui-ci cadra sa frappe des 20 mètres, mais elle manqua de puissance… pourtant, à la stupeur générale, Bernard Barcoupé qui avait à négocier une balle facile, se troua complètement et laissa entrer la balle dans son but ! Ce fut l’émeute ! L’arbitre sifflait la fin du match sur cette action, et Montaxy réalisait la sensation des huitièmes de finale !
« On est en quarts, On est en quarts ! » chantait le public. « On est dans le car, on est dans le car ! », chantaient les supporters adverses qui avaient perdu la raison après cette terrible désillusion.

Le lendemain, les grands quotidiens relataient ce match historique sans omettre d’aborder les deux terribles bourdes de Bernard Barcoupé, inhabituelles chez un gardien de cet acabit…
Mais l’actualité était également marquée par un vol spectaculaire au musée d’art contemporain de Brassigny-les-Mirettes, une petite ville proche de Montaxy. Plusieurs tableaux d’une valeur inestimable avaient été dérobés par d’habiles malfaiteurs…

C’est la mine déconfite devant des tartines de confiture, que j’appris cette nouvelle. Je prenais mon petit-déjeuner chez Jean-Guy, en feuilletant la gazette locale.
J’avais dormi chez lui… enfin façon de parler ! Nous avions festoyé toute la nuit pour fêter la victoire improbable. Pour cette raison nous n’étions pas aussi frais que des igloos polaires, et j’avais mal aux cheveux factices…
Vacances universitaires obligent, j’avais pris quelques jours de congés. Et comme il y avait fort longtemps que je n’avais pas résolu de terribles enquêtes, je décidai, pressé par Jean-Guy, de m’investir dans la recherche des malfrats. Cette fois-ci, je n’avais pas oublié d’amener ma voiture, cela allait déjà nous éviter de vivre des mésaventures avec Bouloche, l’âne du père Firmin**.
J’allais prendre les choses en main, me lancer à bras le corps dans la résolution de l’affaire, en véritable tête que j’étais…

A suivre…

*Voir On a marché sur Hubert
**Idem

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08 avril 2008

Le lotus rose

Avant toute chose, j’aimerais prier mes fidèles lecteurs de m’excuser pour cette histoire quelque peu scatologique. Je m’excuse également auprès des confrères que je vais citer, et qui sont entraînés malgré eux dans ce déballage inopportun, mais néanmoins réel.
L’anecdote est honteuse, et si je vous la raconte, c’est bel et bien à cause d’un manque d’inspiration ne me permettant pas de vous faire part de souvenirs croustillants…

L’incident se produisit en fin de semaine. Nous autres, intellectuels de talent, aimons à nous retrouver dans tel ou tel endroit de luxe, afin de discuter plaisamment des mœurs et heurts de nos contemporains.
Cette fois-ci, nous n’étions que trois. Gontran des Capucines, professeur émérite, spécialiste des chambres à air gastéropodes du Népal amérindien, m’avait invité à déjeuner. La troisième sommité n’était autre qu’Arthur de la Brave-Vache, le plus grand chercheur au monde de sa catégorie, les vaches laitières dans les plaines sauvages du pôle sud.

L’apéritif fut l’occasion de discussions passionnantes ! Autour d’un verre de bourbon, de whisky pur malt et d’une tasse de verveine sans sucre et peu infusée, nous abordâmes longuement l’inestimable sujet du devenir des autruches naines d’Andalousie.
L’entrée, quant à elle, nous donna le loisir de débattre farouchement la question du réchauffement climatique des salles de conférence.
Après cette mise en bouche, nous comparâmes la délicate cuisine qui s’offrait à nous par le biais du plat de résistance, avec celle qui nous était proposée lors des différents colloques. Notre avis fut unanime, il fallait organiser d’urgence une réforme des menus, par souci de qualité.
Fromages et desserts nous donnèrent ensuite le temps de nous lamenter sur la sombre situation des autoroutes payantes de Phrygie Hellespontique et de Bithynie.
Bref, le repas avait été passionnant, comme à l’accoutumée.

Vint alors le moment des digestifs. Autour d’un verre de triple sec, d’eau-de-vie de poire et d’une tasse de verveine sucrée et très infusée, nous continuions nos élucubrations sur le rôle des nappes à carreaux dans la culture espagnole.
Malheureusement, je dus interrompre le temps d’un instant ma présence pour soulager quelques besoins naturels, provoqués vous vous en doutez, par les méfaits de ce repas copieux.

Je me rendis l’estomac lourd, dans les water-closets de la pièce du fond. Je me soulageai ensuite avec grand fracas, en imaginant avec effroi que cet instant d’intimité soit entendu par quelques manants. Succombant tant bien que mal à ce besoin naturel, je m’apprêtai à quitter cette pièce et ainsi à retrouver mon standing. Quand soudain, la terrible désillusion… le rouleau de papier hygiénique était vide !
J’avais omis de me soumettre à cette précaution pourtant indispensable, celle d’en vérifier la présence. Je devais agir vite, et seul, pour m’éviter une honte carabinée. Inutile de vous dire que j’étais dans une situation délicate… voire dans un embarras certain…

Lorsque mes éminents confrères me virent revenir la tête nue, et le visage rouge vif, ils comprirent tout de suite ce qui était arrivé à ma moumoute. Une fois leur fou rire passé - c’est-à-dire deux heures quinze plus tard - ils promirent de ne pas divulguer cet épisode au reste de la profession.
Les deux semaines qui suivirent, je reçus chaque jour un colis postal. Ils contenaient tous la même chose… un rouleau de papier lotus…

FIN.

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01 avril 2008

Le secret d'Eulalie Corne (3/3)

Une heure plus tard, nous étions attablés dans la cuisine d’un appartement cossu. Nous nous regardions, comme deux benêts, devant un verre de vin et un plat de pâtes italiennes finement préparées. C’est alors que ce dialogue s’engagea :

-Riton, il faut que je vous avoue quelque chose… j’ai un secret.
-Vous n’êtes point belle ? J’ai remarqué, oui…
-Hi hi hi, c’est vrai. Mais pourquoi vous intéresser à moi dans ce cas ?
-Pour votre beauté intérieure qui brille comme un ver luisant, très chère.
-C’est vraiment très gentil, mais il serait vain de vous acharner. Je me suis enlaidie volontairement pour qu’on me laisse tranquille. Mais vous m’avez surprise et charmée, avec vos grands mots idiots et votre moumoute de chez Poileucaillou…
-… Vous connaissez Raoul Poileucaillou, de Montaxy* ?
-Oh oui ! A vrai dire, mon véritable métier est de tout savoir. Et c’est là mon secret. Vous m’avez l’air intègre et bon… puis-je vous faire confiance ?
-Je serai muet comme un aspirateur que l’on aurait débranché.
-Très bien. Je suis en vérité membre des services secrets. Sous cette couverture d’archiviste, je suis chargée de surveiller le directeur des archives, suspecté de trafic de faux documents. J’ai lu en me renseignant sur vous que aviez déjà résolu quelques enquêtes. Je pense donc, en tant que connaisseur, que vous me rendrez le service de ne pas trahir mon secret.
-Bien sûr que non. C’est une grande joie pour moi de rencontrer une personne à la vie si dangereuse.
-A ce propos, après ce soir ne cherchez pas à me revoir. Cet appartement est une couverture, tout comme mon nom bien évidemment. Et ce que vous voyez posé sur le lit, là-bas, c’est aussi une couverture…

Eulalie avait été charmée par mon visage innocent et mon humour exquis. Elle était surtout dans le même cas que moi, désespérée d’être privée d’aventure amoureuse, de par son métier à haut risque. Après m’avoir révélé son secret, encore plus surréaliste qu’André Breton, elle m’embrassa goulûment. Ce moment était d’autant plus fantastique qu’elle avait retiré sa perruque grise (de chez Poileucaillou, tout s’explique), ses lunettes immondes et son faux nez, et qu’elle était en réalité belle comme le jour.
Nous nous retrouvâmes ensuite dans son lit douillet. Nous envoyâmes au diable la couverture et nous nous blottîmes l’un contre l’autre. La suite, elle rentre dans le domaine privé.
Le lendemain, nous nous séparions à jamais...

Quelques jours après, j’apprenais dans le journal que le directeur des archives avait été arrêté par la maréchaussée. Il était soupçonné d’avoir falsifié des documents, pour étouffer une affaire de viol mettant en cause les hautes autorités de la ville en 1878. Il voulait ainsi préserver leur mérite et ne pas tâcher leur réputation, d’autant plus qu’une des familles impliquées continuait d’occuper de hautes fonctions, dans un pays étranger.
Je comprenais maintenant d’où était originaire Eulalie. Mais je ne pouvais pas la revoir, sous peine de lui faire courir de gros risques…

Cette aventure d’un soir, au contexte rocambolesque, aurait pu me laisser un goût amer dans la bouche. Mais ce ne fut pas le cas. J’avais vécu une aventure extraordinaire, et j’en garde encore aujourd’hui un souvenir indélébile. Peut-être est-ce parce que je n’ai jamais eu le loisir de vivre un moment semblable, depuis…

FIN.

* Voir On a marché sur Hubert et La moumoute cassée

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50ème message !

Ceci est mon cinquantième message et c'est tout bonnement que je décide de fêter cet anniversaire qui n'en est pas un.

J'en profite pour remercier mes chers lecteurs pour leur soutien acharné, leurs commentaires gracieux, leur bonne humeur enjouée et enfin leur bon goût car il faut en avoir pour venir ici !
Cigale et ses encouragements permanents qui motivent.
Les fidèles qui sont aussi discrets qu'une fourmi... enfin j'ose espérer qu'il y en a.
Mes amis de la haute société.
L'équipe de "Bulleu d'Encreu" qui passe une fois par an histoire de faire plaisir à mon nègre officiel.
La caissière qui n'a pas de futur pour m'avoir amené du monde sans le faire exprès.
Ceux qui viennent et essayent, cahin-caha, de comprendre au moins une phrase.
Ceux qui viennent et s'en retournent aussitôt après avoir aperçu la bannière.
Ceux qui viennent et s'en retournent dès qu'ils n'aperçoivent pas de dessins parce que, mine de rien, c'est difficile de lire quinze lignes de texte par semaine.
Les enseignants-chercheurs qui ont de l'humour.
Les espions étrangers qui essayent de décrypter, sans succès, mes messages codés.
Et puis tous les autres, sauf les imbéciles et autres hurluberlus...

En espérant continuer à vous faire rêver avec mes anecdotes piquantes et mes enquêtes endiablées, même si ces dernières se font rares.
Promis, vous aurez droit à une anecdote pas piquée des vers la semaine prochaine, suivie d'une enquête de fin limier qui ferait pâlir l'inspecteur Derrick.

Le pire dans tout ça, c'est que ce n'est même pas un poisson d'avril... quelle idiotie de blaguer ce jour-là alors qu'on a toute l'année pour cela !

A bientôt, et même à tout de suite pour le dénouement du secret d'Eulalie Corne (publicité scandaleuse mais en même temps je suis sur mon blôgue).

Riton.

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25 mars 2008

Le secret d'Eulalie Corne (2/3)

Le lendemain, c’est-à-dire - et je le précise pour les analphabètes - le jour d’après, j’allais aux « areuchives » avec l’espoir d’y séduire ma future dulcinée. Oui, c’est bel et bien aux archives qu’Eulalie Corne officiait. Cependant, elle était bien plus accueillante que madame la joie de Lille*. Et oui, j’admets que c’est idiot d’avoir précisé pour les analphabètes, car ils ne savent ni lire, ni écrire. Ils ne liront donc pas cette histoire, et pire, ils ne seront même pas capables de prendre la plume pour me demander de préciser le sens de lendemain. 

Eulalie était là, j’étais soulagé. Après un bonjour des grands jours aux accents d’amabilité sincère, je lui faisais le coup du sourire blancheur et brillance extrême, en prenant bien soin de masquer avec ma langue le trou formé par la chute d’une dent la veille. La veille, je le précise pour les analph… heu les idiots du village, correspond au jour d’avant.
Convaincu de lui avoir tapé dans l’œil avec ma bouche, j’allais m’asseoir poliment à la table la plus proche d’elle. Comme tous les vendredi soir, la salle de recherches était désespérément vide et j’étais seul avec elle. J’avais choisi le moment idéal pour tenter mon approche…

Tout en feignant d’avancer dans mes recherches sur les barbecues normands des années 1920, je la regardais sans cesse, le regard vide. Malgré ma discrétion, je sentais qu’elle avait remarqué mon petit stratagème. Elle était toute rouge. Sous son apparence simple se cachait, j’en étais sûr, une personne fabuleuse.

Peu habitué aux techniques de drague, je réfléchissais au bon mot qu’il me fallait lui lancer. Malheureusement, les phrases toutes faites ne pouvaient pas fonctionner. Le célèbre « Vous avez de beaux yeux, vous savez » aurait fait tâche, puisqu’elle portait des fesses de bouteille à la place de lunettes. Quant au non moins connu, « Vous habitez chez vos parents ? », je doute fort qu’il eut donné lieu à une réponse du style : « Oh vous savez, ils sont morts il y a bien longtemps ! ». Vous l’aurez compris, il m’était compliqué de séduire de cette façon une vieille fille bigleuse. Elle n’était pas gâtée par la nature, certes, mais j’étais persuadé que sa beauté était intérieure. Et puis j’étais surtout désespéré…
J’eus alors l’idée de génie, et non pas d’Eugénie puisqu’il s’agit d’Eulalie, d’employer l’humour. Comme dit le dicton : « femme qui rit, à moitié dans ton lit »… j’espérais donc pouvoir la faire rire deux fois. Il me fallait trouver quelque chose d’honteux et d’hilarant…

La fin de journée était arrivée, et il était temps de partir en week-end. Ma réplique tonitruante était prête, et je l’avais répétée mentalement une bonne centaine de fois. Je lui dis alors, d’une manière sûre et ferme :
« Je m’appelle Alain. Du coup, Alain dit… à lundi ! ».
Elle se mit à rire aux éclats… j’avais réussi mon coup, du moins c’est ce que je croyais.
« Sacré M. Riton ! », me répondit-elle. J’avais en effet oublié qu’elle connaissait mon identité, puisqu’à chaque demande je remplissais une petite fiche. C’était la honte, ou la zone, comme disent les jeunes voyous.
Pour me rattraper, je lui lançai : « Ha ha ha, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour divertir les demoiselles ! ». A ma grande surprise, elle se mit de nouveau à rire. Finalement, elle semblait apprécier mes tentatives. Et comme elle avait ri deux fois, cela me donnait confiance. C’était l’instant ou jamais, je fis alors : « Mais… peut-être pourrait-on nous revoir avant lundi ? ». Je vis un sourire illuminer son hideux faciès, et je sus que c’était dans la poche. « D’accord, hum… mais on va chez moi ! ».
L’affaire était entendue, et nous partions chez elle dans la foulée…

A suivre…

* Voir Lille Noire

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18 mars 2008

Le secret d'Eulalie Corne (1/3)

Qui aurait dit que le charme de Riton Lacapuche ferait effet un jour, après des années de jonglage, tel un saltimbanque, entre une indifférence poussée et des tentatives ratées ? Personne sans doute, et certainement pas moi. Pourtant… mais reprenons depuis le début cette histoire merveilleuse !

Tout commença un soir de printemps. Avachi dans mon fauteuil dépliant – car l’enseignant-chercheur a les moyens pour ce genre de luxe – je regardais, béat, le regard niais, un de ses multiples films romantiques qui fleurissent à l’orée des beaux jours sur tous les petits écrans de la terre, voire de l’univers mais n’exagérons rien car après tout, nous ne connaissons rien de l’univers des martiens.
Les conditions étaient optimales pour que je m’envolasse dans des rêves étoilées, des rêves d’amour. Je tenais dans ma main droite une tasse de verveine, tiède à point pour éviter les brûlures ou le rejet glacé. Ma main gauche, elle, tenait la télécommande de manière machinale, bien que rien au monde ne m’aurait fait changer de chaîne à ce moment-là, à part une coupure de courant bien sûr.

A cause, ou devrais-je dire grâce à de multiples événements, comme la vision de jeunes amoureux se bécotant sur les bancs publics, ou encore celle d’oiseaux chantonnant gaiement dans une harmonie parfaite de petit couple heureux, je m’étais mis Martel en tête de goûter à l’amour une nouvelle fois, et de manière plus heureuse et moins honteuse qu’avec la mère de Fisseuton*. Je précise pour les esprits fragiles qu’il ne s’agissait évidemment pas de se mettre Gervais Martel en tête, l’actuel président du Racing Club de Lens qui n’officiait pas encore, mais bel et bien Bernard Martel, mon boulanger d’alors.

Le film aidant (mais pas de la mer), je laissais mon esprit d’éminent intellectuel dresser une liste de potentielles conquêtes. Elles étaient plusieurs, mais une seule allait échapper à l’élimination.
J’écartais tout d’abord ma jeune et belle collègue d’histoire ancienne, car je me voyais mal supporter toute une journée des discussions sur les mœurs grecques d’avant Jésus-Christ, dont je n’avais que faire, et c’est toujours le cas actuellement. Et puis, peut-être aussi que séduire une jeune et belle demoiselle, les deux à la fois, était une tâche trop ardue pour un homme comme moi.
Je pensais ensuite à ma jolie collègue d’histoire moderne, mais j’avais beau avoir supprimé le terme « jeune » du descriptif ce qui, à fortiori, me laissait plus de chances, je n’avais guère plus envie de subir Louis XIV et sa cour à longueur de journées, ou les guerres de religion et tout le pataquès.
Ce qu’il me fallait, c’était une contemporanéiste, une femme de ma période, qui comprenne qu’on puisse s’intéresser à l’histoire des aspirateurs hongrois sans pour autant être un détraqué mental. Malheureusement, la seule personne disponible rentrant dans cette catégorie était bien trop laide pour que je puisse me motiver.

J’étais perdu, je ne trouvais personne qui puisse répondre à mes attentes à la faculté. Quand soudain, j’eus l’idée magique de songer aux personnes extérieures. Cela va de soi évidemment, mais encore fallait-il y penser ! Assez de corporatisme, que diable ! Ouvrons les frontières après tout, l’essentiel étant de ne pas tomber sur une gueuse originaire des bas-fonds ruraux.
Et là… j’eus la réminiscence, c’est-à-dire – je précise pour les pauvres – le souvenir, de cette femme que j’avais rencontrée peu de temps auparavant… Eulalie Corne !

A suivre…

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11 mars 2008

Riton et Tibet

Aaaah, Tibet ! Je ne parle pas de la région du monde en proie à de multiples difficultés, ce que vous supposiez sans doute, bande de vils mécréants des quartiers populaires ! J’évoque là le grand, que dis-je l’immense auteur de Bande Dessinée, également appelée neuvième art par les connaisseurs et même par les autres.
Il est vrai, je l’ai déjà dit en ses lieux internétaux - je sais très bien que ce mot n’existe pas mais il est chic – que je ne m’intéresse guère aux balivernes racontées par les histoires illustrées à bulles et phylactères. Alors pourquoi s’intéresser à ce Monsieur me direz-vous ? Tout simplement parce que j’ai eu le loisir de le rencontrer par le plus grand des hasards, et que Fantaroux, mon nègre officiel, m’a menacé de se mettre en grève si je ne vous en parlais pas. C’est qu’il est tenace le fourbe, malgré son salaire miséreux ou plutôt inexistant. Et puis, comme sans lui mes écrits n’existent pas, je n’ai pas voulu le contrarier.

L’intelligent et curieux personnage que je suis s’était rendu à l’un de ses formidables salons du livre. Vous savez, le genre de manifestations que l’on repère avec surprise, au beau milieu d’autres inepties culturelles.
J’allais pouvoir revoir quelques confrères qui dédicaçaient leurs ouvrages passionnants, pas aussi passionnants que les miens, toutefois, ce qui amplifiait mon dégoût et mon hostilité vis-à-vis des organisateurs. M’enfin, je dirais que c’est la rançon de la gloire, surtout lorsqu’elle est discrète.
Alors que je flânais tranquillement, le regard hagard et la moumoute bien fixe, dans les multiples rayons de ce labyrinthe livresque, mon regard se figea d’effarement lorsque j’aperçus Fantaroux ! Mon nègre officiel cherchait à s’instruire ! Je fus rassuré lorsqu’il me précisa qu’il était uniquement venu pour les auteurs d’histoires illustrées, qui étaient mêlés aux grands hommes de lettres. Quand je vous disais que l’organisation laissait à désirer…

Il insista lourdement pour me présenter un dessinateur, en m’assurant que c’était un des plus doués de sa génération. Fier de pouvoir correspondre avec une élite de mon rang, malgré son activité inférieure, j’acceptai promptement l’invitation et l’album que Fantaroux m’offrait poliment, afin que j’obtienne une dédicace.
Lorsque je vis Tibet sur l’écriteau, je crus d’abord qu’il s’agissait d’une délégation d’auteurs venue d’Asie, curieusement composée d’une personne seulement. Mais quand il me salua en disant : « Je suis ranch hanté de vous rencontrer », je compris qu’il ne pouvait qu’être français. Gilbert Gascard, de son vrai nom, me raconta son expérience d’auteur. Ses caricatures d’hommes célèbres parmi lesquels plusieurs de mes amis évidemment, et ses histoires de Ric Hochet avec un certain André, du château, mais je n’ai pas retenu son emplacement. Et puis Chick Bill, une bande dessinée aux jeux de mots plus catastrophiques les uns que les autres, avec Dog Bull et Kid Ordinn.
Peu impressionné par ces jeux de lettres horribles que jamais je n’oserais moi-même lancer à un quidam, même des bas quartiers, je commençais doucement à croire que Fantaroux m’avait fait un coup de Jarnac. Mais quand j’appris que Tibet avait été promu Chevalier des Arts et Lettres en 2000, j’en perdis presque connaissance et un début de jalousie naquit dans mon esprit.

Il n’avait peut-être pas l’étoffe d’un Franquin, d’un Peyo, d’un Hergé, d’un Jacobs, et peut-être même d’autres, mais Tibet avait le mérite d’être rigolo (et il était bénéficiaire d’un des grands ordres ministériels de la République, que diable !). Il l’est toujours d’ailleurs, je ne vois pas pourquoi j’emploie le passé.
Toujours est-il que Fantaroux semblait amusé par ma rencontre avec ce grand homme. Je le vis, blotti dans un coin, en train de se pincer les lèvres en voyant Tibet me dédicacer un album qui s’intitulait « Le Roi d’Eclosh »…

FIN.

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04 mars 2008

Vol 714 pour Las Vegas (3/3)

Les rires qui suivirent eurent raison de cet incident malencontreux. Je congratulais chaleureusement mon vieil ami pour son mariage récent et j’allais ensuite saluer la mariée, que je ne compris guère à cause de sa voix fluette.

Je m’installais ensuite à la table des convives. Mon ventre grondait et l’amateur de cuisine raffinée que j’étais s’apprêtait à être comblé, par les mets délicieux de ce genre de banquet. Bien que la soirée fût assez discrète, mon ami m’autorise à vous livrer le programme des hostilités, pour vous faire saliver.


MENU

Mises en bouche accompagnées de leur sauce « Deubeulliou »
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Hors-d’œuvres variés
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Tête de veau aux châtaignes de Corrèze
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Choucroute garnie façon Bernadette
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Tripettes à la Sartenaise et leur sauce napoléonienne
ou
Sauté de Porc accompagné de sa sauce aigre-douce « JMLP »
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Fromages de Hollande et Chabichou du Poitou
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Pièce montée représentant les mariés, avec ses talonnettes en nougatine
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Boissons :
-eau plate
-eau gazeuse
-jus d’orange de qualité premium, aux 12 vitamines


Comme vous pouvez maintenant l’imaginer, c’est la panse bien pleine que je sortis de ce repas copieux. Un repas fort joyeux où blagues intellectuelles et autres tours farceurs furent de mise.
Et nous dansâmes ensuite, jusqu’au bout de la nuit, sur les airs endiablés de la variété française. N’allez cependant pas croire que nous nous abaissions au rang des fêtes de village. La gestuelle était nettement plus fine, toute en retenue, et chacun gardait son air distingué et son petit regard hautain, en se trémoussant le popotin de manière élégante.

Le lendemain, l’aspect chic avait laissé sa place à l’aspégic. Le jus d’orange avait laissé des traces, et ceux qui s’étaient en cachette éclipsés pour boire du Champomy, étaient bien attrapés.
Le vol 714 me ramena ensuite à Paris, et je repris mes aises d’enseignant-chercheur modèle. Je peinais néanmoins à cacher la fierté dont j’étais empreint, après cette escapade mémorable…

FIN.

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26 février 2008

Vol 714 pour Las Vegas (2/3)

« ZZZZZZzzzzzzzzzZZZ…. ZzzzZZZZzzzzzZZZ… Ron… ZzzzzzZZZZzZ… Ron… hein, qu’est-ce que c’est ? » Tels furent mes premiers mots à mon arrivée. Le pilote m’avait laissé dormir tout le trajet, mais il était temps de me réveiller.

Il me restait quelques heures avant la réception. J’allais pouvoir flâner dans les rues et respirer le doux air des Prairies, qui ne vaut cependant pas celui de nos champs de labour français.
Alors que je croisais de drôles d’énergumènes épileptiques, se dirigeant tous comme un seul homme vers les salles de jeu diverses, proposant divers jeux, je pensai soudainement qu’il me manquait un costume de soirée pour la réception.
J’avisai aussitôt une boutique de costumes de luxe, car étant donné le standing des invités qui seraient présents, il ne s’agissait pas de plaisanter et encore moins de faire tâche. Je me devais de soigner mon image pour pouvoir leur parler habilement de mes travaux actuels sur les mormons du Berry en 1956.

« Ouate !? Eau mes nids ??? » dis-je au vendeur, dans mon superbe accent anglo-saxon, que j’avais travaillé avec soin depuis ma première venue. « Are you plaisanting ? ». J’étais ulcéré par le prix du costume qui me convenait, et qui pour le coup, était loin de me serrer. Je suppose que c’est le prix à payer pour un confort optimal, et pour faire plaisir à un ami cher et à ses amis de la haute société.
Je payais donc le prix exorbitant, en pensant à la centaine d’ouvrages historiques qui allait devoir s’installer patiemment en queue de peloton, dans la liste de mes futurs achats.

Je me dirigeais ensuite vers une boutique de toilettage canin afin de faire nettoyer discrètement ma moumoute. Ce ne fut pas sans difficulté que le vendeur comprit le but de ma démarche, mais toujours est-il que je ressortais du magasin avec une chevelure propre et brillante, non sans apercevoir le sourire en coin du préposé aux canidés.
La lotion qu’il avait utilisée devait être bien connue des animaux puisque les chiens se mirent à me suivre dans la rue par la suite, si bien qu’à la fin je dirigeais une véritable meute. Je dus acheter un kilogramme de sucre en morceaux pour qu’ils me fichent la paix.

Après m’être perdu trois ou quatre fois, en tentant vainement de me repérer avec le plan que m’avait laissé le pilote, je trouvais enfin le lieu de la réception.
Je fis une entrée remarquée au milieu des premiers convives qui se trouvaient dehors, près de l’entrée que j’avais remarquée. Je les entendis parler français, et pus me présenter sans crainte d’erreur de langage honteuse.
C’est avec une fierté sans nom que je les mis au courant des mœurs et autres coutumes des mormons berrichons de 1956. Ils étaient absolument épatés par tant de culture, ou bien maniaient très bien l’art du paraître et la feinte de l’intéressement.
Une fois reçu mon parterre de compliments, de la part d’un ambassadeur, d’une magistrate haut placée du barreau de Paris, et d’un livreur de pizzas qui passait par là, je me dirigeais vers l’entrée du restaurant, où, m’avait-on dit, les mariés étaient déjà présents.

Juste après avoir passé la porte, je me prenais les pieds dans le paillasson, et m’étalais les quatre fers en l’air.
Confus, et pensant intérieurement que je commençais drôlement bien la soirée, je me relevais en tentant de prendre cela à la rigolade. « Ha ha ha, disais-je en regardant le portier, je n’avais pas vu le paillasson, mais heureusement j’ai été acrobate dans ma jeunesse !». Ce n’est que quand le paillasson me répondit « Dis donc Riton, j’ai envie de te dire que t’es toujours aussi maladroit, toi ! » que je compris mon erreur. Ce que j’avais pris pour le paillasson n’était autre que le marié.

A suivre...

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19 février 2008

Vol 714 pour Las Vegas (1/3)

Cette histoire n’a rien d’historique car elle est toute récente. Au pire elle appartient à l’histoire du temps présent. Je suis tellement heureux que je m’empresse de prendre la plume pour vous impressionner ! Je ne suis pas peu fier il faut le dire !

J’ai embarqué pour Les Prairies il y a de cela une douzaine de jours, non pour acheter une douzaine d’œufs, ni pour garder une douzaine de bœufs, car le nom est trompeur.
Les Prairies ! Cité grandiose, éblouissante, mais cité symbole, symbole de la débauche et de la folie humaine ! « Pourquoi donc ? », me demanderont les êtres aux capacités intellectuelles réduites. A cause du jeu, pardi ! Pas le jeopardy, non. Les jeux de hasard, les jeux de cartes, les machines à sous, et autres fantaisies inconscientes qui traînent dans moult casinos locaux.
Vous comprendrez donc que je ne me suis pas rendu là-bas pour m’abaisser à ces pitreries financièrement dangereuses, autant voire plus qu’un trader fourbe.
Mais pourquoi y aller alors ? Je vous dois la vérité, et c’est là que mon ego commencerait à avoir mal aux chevilles, s’il en avait.

Il y a quinze jours, coup de téléphone chez Riton Lacapuche. Riton, c’est-à-dire moi-même, pour les trois ou quatre qui ne suivent pas, répondit vaillamment. Voici un extrait de la conversation :
-Allo, oui ?
-Allo, Riton ? C’est moi, ton chef bien aimé !
-Grand dieu, toi ? Comment est-ce possible ? Tu as pris une minute sur ton emploi du temps pour m’appeler ? Diantre, je me demande bien pourquoi.
-J’v’ais t’expliquer, Monsieur Lacapuche. Ecoute bien ce que je vais te dire ! J’ai trouvé l’âme sœur en voyage, et comme on est à Las Vegas, on va se marier directos. T’es invité à la p’tite réception discrète qu’on fera juste après !
-Oh mais c’est merveilleux ! Toutes mes félicitations !
-Ouais ben monte dans l’avion, fais le voyage, et descend le dire en face !

C’était un ami de longue date, un ami que vous pouvez éventuellement connaître si vous lisez les journaux, si vous allumez votre téléviseur, si vous écoutez votre transistor, ou si vous sortez dans la rue. Je ne m’en étais jamais vanté car je ne voulais pas vous ridiculiser de par mes connaissances trop huppées. Je ne vous dirai pas où je l’ai rencontré, ce serait un indice trop grand, mais une chose est sûre, c’est que ce n’est pas à la faculté !
Il avait beau être très demandé, il avait pensé à moi, son ami fidèle, pour son mariage. J’étais comblé.

Le soir même, je faisais ma valise à la hâte. Un avion privé, prêté au marié par une connaissance du monde des affaires, me conduirait dès le lendemain à la réception, là-bas, aux Amériques.
J’allais pouvoir revoir les Amériques. Je me remémorai du coup ma première rencontre avec le pays des cow-boys, mon épopée publicitaire, mon exploit policier et autres évènements extraordinaires. Mais on dirait un procédé vulgaire pour vous inciter à relire ou découvrir cet épisode (disponible ici), donc stoppons-le.

A 4 heures du matin, j’étais dans un état second dû à l’heure, mais je le vis arriver de loin, le vol 714. Ses lumières m’éblouirent les yeux et l’engin se posa tant bien que mal dans le petit parc tout proche de mon domicile parisien.
Tel un espion, je m’envolais en toute discrétion vers un autre continent… j’appris plus tard qu’une prostituée errante avait été percutée par l’avion à son envolée. Dieu ait son âme, et au diable la discrétion !

A suivre...

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12 février 2008

Riton et l'Alpha Romeo

Comme le nom de l’histoire ne l’indique absolument pas, tout commença dans la cuisine. J’étais en train de déguster une omelette asiatique du Cantal aux champignons de Paris, que j’avais préparé avec soin et amour culinaire. J’y avais même ajouté trois grains de sel d’Ethiopie et un extrait de jus de poireau, fraîchement ramené des Iles Féroé. Un régal !
Alors que mon palais goûtait au plaisir qui lui était dû, le fait d’appuyer sur le champignon - afin de le mâcher convenablement pour ne pas m’étouffer - me fit penser à une anecdote automobile qui datait de ma jeunesse.

Dieu sait – s’il existe – que je ne suis pas un foudre de guerre dans le domaine des utilitaires à moteur. Je n’ai en effet jamais eu mon permis de conduire. Ce n’est pas faute d’avoir essayé pourtant. Pas moins de 37 tentatives doivent être mises à mon actif. J’ai persévéré, j’ai tout tenté, en vain. Ou, devrais-je dire, en vin, car s’il faut choisir entre boire et conduire, autant dire que la réponse est toute trouvée dans mon cas.

L’anecdote qui me vient à l’esprit concerne, justement, un de mes 37 essais. C’est le 24ème pour être précis, et il date des années 1970. Inutile de dire alors que j’étais aguerri à ce genre d’épreuves, et que j’échouais d’un poil de moumoute à chaque fois.
L’examinateur ne me faisait pas peur. Son faciès haineux et sa mauvaise haleine ne me surprenaient plus, puisque je l’avais déjà fréquenté lors de 17 de mes premières tentatives.
C’est le modèle qui avait changé. C’était une Alpha Romeo récente, appelée Montreal. A noter que seuls 3925 exemplaires de cette auto furent élaborés, j’ai donc eu la chance d’être le passager d’une d’entre-elles. Mon auto-école était en effet une auto-école de luxe. Ce n’est pas que le prestige de ces objets à roues m’intéressait mais, quitte à conduire une auto, autant s’exercer sur autre chose qu’une 2CV que je laissais aisément aux petites gens.

Après un démarrage difficile, nous débutâmes le parcours qu’avait choisi l’examinateur. Tout se déroulait bien, puisque cet illuminé me faisait passer pour la 18ème fois dans les mêmes endroits. J’évitais donc les multiples pièges. Je faisais stopper l’auto à la vue d’un panneau STOP. Je respectais les cédez le passage, même si l’époque était encore aux vinyles. Bref, tout allait pour le mieux.
Quand soudain, l’accident malencontreux ! Un olibrius coiffé d’un magnifique chapeau, l’ôta à notre passage près de lui pour nous saluer poliment. Impressionné par tant de civisme, je m’empressais de lui adresser mon plus large sourire, exécutant de surcroît un somptueux mouvement de main pour lui montrer ma sympathie.
Malheureusement, ce geste me faisait perdre le contrôle de la Montreal, et nous nous retrouvions sur le trottoir, l’avant enfoncé dans un mur.

Je ne vous fais pas un dessin. L’essai n’était pas concluant. L’examinateur partit à la recherche d’une cabine téléphonique, afin de prendre contact avec une dépanneuse. Son faciès haineux ne s’était pas envolé. Pendant ce temps, je restais près du gentil monsieur poli.
Ce dernier s’excusa d’être à l’origine de ma bévue. Il s’appelait Bernard Ford. Il n’avait aucun lien de parenté avec le célèbre Henry Ford mais, ayant entendu dire que ce dernier tirait toujours son chapeau quand il croisait une Alpha Romeo, il avait décidé d’en faire de même car il trouvait ça rigolo.

Il avait voulu suivre l’exemple des anciens, et cela ne s’était pas avéré bénéfique pour moi. C’est peut-être la morale de cette histoire, ne pas toujours répéter les actes des anciens, aussi sages soient-ils. La société évolue et nos comportements doivent indéniablement évoluer avec elle.
Riton Lacapuche, ou comment transformer une anecdote de jeunesse en réflexion philosophique…

FIN.

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05 février 2008

Les cigares de Calamar (2/2)

Calamar se serait appelé Poisson-scie, cela aurait été du pareil au même. J’étais littéralement scié par la leçon d’humilité qu’il venait de me donner. Me sentant peu à l’aise, je restais muet comme une carpe pendant deux minutes. On aurait donc dit deux poissons qui s’observaient. Sentant bien qu’il avait pris le dessus de manière brillante, il sortit de sa sacoche une boîte de cigares cubains, haute définition, et m’en proposa un. Peu habitué à ce genre de consommation, j’en prenais un car tous les moyens étaient bons pour tenter de me rattraper un peu. Malgré tout, le cigare faisait tâche avec la verveine.

Le cigare me fit à peu près le même effet que si j’avais fumé un calumet de la paix, aux Amériques. Du coup, je sortis progressivement de ma torpeur honteuse.
Intrigué par le métier à responsabilité de Jean, je m’empressai de lui poser moult questions en rapport, tout excité que j’étais par cette découverte.
Etrangement, il ne semblait plus dans son assiette, surtout qu’il avait seulement un verre, et me répondait à côté. Je m’aperçus très vite que quelque chose ne tournait pas rond. Par contre, ma tête ronde, elle, tournait, et plutôt fortement.

Je finis donc par me lever, en m’excusant poliment, pour prendre l’air. Alors que je respirais profondément l’atmosphère polluée du dehors, un gendarme passa à côté de moi et constata mon air extasié. Il me demanda si je me sentais bien, et je lui répondis (d’après le rapport de police qui suivit) : « Tout va très bien madame la marquise ! J’ai juste fumé un drôle de cigare et j’aimerais bien soulever votre jupe, maintenant ! »
Oui, chers lecteurs, cette parole scandaleuse était bien la mienne. Sentant l’entourloupe, et commençant à croire que mon air extasié portait bien son nom, l’homme au képi me demanda si j’étais seul. Je lui répondis que non et le ramena avec moi à la table de Jean Calamar.
« Nom d’une truite ! » s’écria le gendarme, « Calamar ! Tu es fait ! ».

Quelques heures plus tard, j’étais lavé de tout soupçon et je rentrais chez moi. Je vous dois maintenant des explications.
Jean Calamar était en réalité un escroc notoire, un de ceux qu’on appelle familièrement maquereau ou requin. Pas le genre de garçon à avoir la raie au milieu, donc. Il avait détourné des fonds d’entreprises et utilisé ses fonds de tiroirs pour s’approprier de la drogue, une calamité dans laquelle il était tombé à la fin de ses études ratées. Il s’était inventé toute cette carrière et cet esprit arrogant pour parer à sa faiblesse morale et se mettre en avant.
Sans le savoir, j’avais aidé à résoudre une enquête policière. C’est aussi cela la classe internationale. Tel l’Inspecteur Gadget - notez la profondeur de la référence - j’avais servi la bonne cause sans même m’en rendre compte. Ma réputation d’enquêteur occasionnel ne pouvait en être que renforcée, d’autant plus que là, j’avais flairé un gros poisson !

Alors que les sardines sont le plus souvent à l’huile, Calamar fut jeté à l’ombre. Très vite, il dépérit totalement. Il se laissa aller et devint rapidement gros comme une baleine, à force d’aller au « faste-fode » de la prison. De plus, il sentait le hareng, avait une haleine de phoque et sa beauté naturelle avait tout de celle du thon rouge de méditerranée. Du coup, il était poisson clown malgré lui car tous les détenus se moquaient de sa personne. Il avait de quoi être médusé !
Je ne pouvais m’empêcher d’avoir de la compassion pour Calamar, qui était bon camarade malgré ses rêves de gloire.
Pour lui, l’histoire se finissait… d’une manière un peu sèche…

FIN.

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29 janvier 2008

Les cigares de Calamar (1/2)

Cette sombre histoire débuta un soir d’automne, c’est pour cela que je dis qu’elle est sombre car on n’y voyait goutte.
Je sortais d’un petit cinéma de quartier, qui depuis a fermé, ce qui me rappelle la chansonnette désabusée d’ « Eddy Miteuchell ». Il n’y avait guère qu’un cinéma de quartier qui pouvait diffuser le film qui m’intéressait, puisqu’il s’agissait d’un remake d’un superbe long métrage des années 30 sur les gueux des bas quartiers. Ce ne sont pas les cinémas modernes qui diffuseraient ce genre de chefs d’œuvres, ils préfèrent de loin les niaiseries hollywoodiennes, tels « Harry Potée » ou « Square y Movie ». Enfin passons. Je rentrais donc le pas lent, encore tout ému par ce film technicolor qui m’avait enchanté, et dont c’était la dernière séance, pour renforcer un peu plus le rapport avec Eddy Miteuchell.

Soudain, je perdis l’équilibre ! Pif Paf Pouf, Patatra Bing Bing – c’est toujours délicat de retranscrire une bousculade malencontreuse en onomatopées – je venais de m’étaler les quatre fers en l’air, et j’avais les deux fesses par terre, après avoir heurté un inconnu par mégarde. Après m’être assuré que ma moumoute n’était pas froissée, je me relevais, prêt à m’excuser auprès de l’individu. Quant tout à coup, je m’écriai : « Jean Calamar ! ». Non je n’avais pas perdu la raison et ne prononçais pas de noms rigolos sous l’effet du choc. Jean Calamar était un vieux collègue d’université, du temps où je n’étais encore qu’un (brillant) étudiant. Ce dernier me reconnut à son tour et me dit : « Ha ha ha, sacré Riton ! Toujours aussi adroit ! On va boire un coup ? »
Il n’avait pas changé. Il avait gardé son esprit moqueur et son ivrognerie estudiantine. J’acceptai volontiers l’invitation, et nous nous retrouvions dans le café du coin quelques instants plus tard.

J’étais tout heureux car j’allais pouvoir lui en boucher un coin en lui racontant ma splendide carrière. Voilà qui calmerait peut-être les ardeurs moqueuses de l’ami Calamar. Une fois qu’il eut commandé un double scotch whisky, je demandai une double colle U-H-U S-T-I-C, avant de me raviser dans un grand éclat de rire et de demander une verveine sans sucre. Visiblement, il goûtait l’alcool, mais pas ce genre d’humour. Je me sentis seul quelques instants.

Une fois que nos lèvres eurent trempées dans nos liquides respectifs, les langues se délièrent et nous nous remémorâmes le bon vieux temps. Lorsque le moment tant attendu de parler de nos travaux respectifs arriva, je ne pus m’empêcher de prononcer ce discours : « Et bien vois-tu, cher Jean, et non pas sergent, j’ai entamé une brillante carrière d’enseignant-chercheur, que je poursuis encore actuellement. Ma thèse « mention très bien avec félicitations du jury à l’unanimité » m’a également permis de prendre la vie du bon côté. Et de temps à autres, j’aide les manants et autres camarades en peine à résoudre certaines énigmes passionnantes ». Avant de ponctuer avec un magnifique : « Et toi, tu es poissonnier ? ». Je reconnais que ce rajout est un peu fort de café, ou plutôt fort de verveine dans le cas présent.

Jean Calamar me répondit d’abord que ce n’était pas la première fois qu’on lui faisait celle-là, et ensuite me félicita pour mon parcours avant de me révéler le sien. « Et bien vois-tu, cher Riton, et non pas cher couillon, j’ai entamé une brillante carrière d’enseignant-chercheur, que je ne poursuis plus actuellement car j’ai trouvé mieux, et ce malgré ma thèse « mention super bien avec félicitations du jury à l’unanimité et félicitations des familles du jury à l’unanimité aussi ». Je suis maintenant Président Directeur Général d’une grande entreprise que la décence m’interdit de nommer mais qui a des implantations dans divers domaines tels que la banque, l’aéronautique, la presse, la publicité, l’immobilier, le cinéma, Internet, la téléphonie et la poissonnerie de luxe, pour faire honneur à mon nom. En quelque sorte, oui je suis poissonnier, mais pas que cela, ha ha. »

A suivre...

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22 janvier 2008

Objectif Vie

J’ai décidé de m’attaquer aujourd’hui à un mystère de grande taille, celui de la vie, de l’existence humaine. Pour quelle raison, me direz-vous ? Je vous rétorquerai que je n’en sais rien, que c’est un moment de mon existence qui a conditionné cette source d’inspiration. C’est donc ma vie qui est responsable de ma réflexion sur la vie. Cette phrase si belle et si profonde, superlativement exploitable, ne doit pas être attribuée au géographe Vital de la Blache – qui s’appelait en réalité Vidal mais ça n’aurait pas collé avec le sujet – mais bel et bien à Riton Lacapuche.

Prenons Riton Lacapuche par exemple, c’est-à-dire moi-même, comme vous le savez. Il est né un beau jour de printemps. Mais pour quoi faire ? Là est la question. Pour vivre, bien sûr! Mais à quoi sert la vie ? Nul n’a la réponse... essayons d’en apporter une ou plusieurs.
Suis-je né pour faire plaisir à mes parents ? C’est probable, seulement je ne pourrai plus leur faire plaisir lorsqu’ils seront morts. Ce n’est donc qu’une utilité partielle, il faut trouver autre chose.
Suis-je né pour faire le bonheur d’une femme et perpétuer la race ? Lorsque je vois la tête de la gente féminine lorsqu’elle me croise, j’en doute fortement. Il y a bien Fisseuton, certes, seulement sa maman s’était trompée de chambre d’hôtel, et ne s’en était pas rendue compte dans la pénombre. Il faut dire que la situation de ma chambre était analogue à celle de son amant, silencieuse et ombragée, sauf que pour ma part j’attendais une fille de joie. Lorsque nous nous rendîmes compte de l’erreur, c’est-à-dire lorsque je voulus la payer au moment même où son amant frappait à la porte à sa recherche, il était trop tard.

La raison n’est donc pas affective. Suis-je alors né pour être utile à la communauté mondiale ? Peut-être, même si les ouvrages sur la soupe en sachet au 20ème siècle ou les montgolfières prussiennes n’intéressent pas tout le monde.
Suis-je né pour faire avancer l’Histoire ? C’est probable mais j’aurais très bien pu m’improviser saltimbanque ou acupuncteur, voire homme des bois sur un coup de tête.
A quoi Serge ? Pardon, à quoi sers-je donc ? Les esprits chapardeurs répondront « à rien » mais dans ce cas pourquoi m’a-t-on donné vie ? Non cela ne colle pas, pas aussi bien que ma moumoute en tout cas.

Trouverais-je la réponse à cette question un jour ? Rien n’est moins sûr. Comment être heureux alors si c’est pour vivre dans l’interrogation ? La vie a-t-elle seulement été mise en place pour rendre des êtres heureux ? Cela n’est même pas certain.
Quelle utilité de vivre une expérience vitale, si c’est pour tout oublier lors de notre mort ?
On ne réfléchit pas, on n’a pas de conscience, et ptouc on nous fait vivre ! On s’habitue à cette conscience, à cette capacité de réflexion, et on nous apprend qu’un jour tout ça disparaîtra et que l’on retournera à l’état initial, à la case départ pour les amateurs de Monopoly. Peut-on appeler ça autrement que sadisme ?

Aaah, diable de vie, va ! Et non pas diable de vivas d’une foule en délire! La vie vaut-elle d’être vécue ? Pour l’humour que certaines situations présentent, peut-être. Rire un bon coup est sympathique et fait parfois oublier toutes les misères qui nous attendent. Mais cela ne fait que retarder l’échéance impitoyable et nauséabonde.
Et si la vie m’avait créé pour que je plombe le moral à des lecteurs de blogs ? Ah oui, c’est possible ça… c’est mesquin mais c’est possible… satanée vie !

FIN.

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14 janvier 2008

Lille Noire (3/3)

Dix minutes plus tard, « tant minutes laté » comme disent les anglais, présents en nombre parmi les visiteurs, je rentrais enfin dans le local des archives, avec le visage d’un roi Arthur qui aurait trouvé son graal. Un véritable graal, j’entends, pas de la camelote.

« Bonjour la maisonnée ! » dis-je, le cœur plein d’entrain et de joie non contenue. L’hôtesse d’accueil me répondit que je n’étais pas dans une maison mais aux archives. Elle me demanda dans la foulée mon veston et mon sac avant que je n’aille dans la salle de recherche, le tout sans un sourire. Bonjour l’ambiance ! Je lui expliquais qu’un « Bonjour l’archivée ! » n’aurait pas convenu et que maisonnée était plus approprié, même si j’étais conscient que ce n’était pas une maison. Après avoir justifié l’emploi d’une expression somme toute amicale, je laissais cette anarchiste dans sa tristesse quotidienne.

La salle des trésors m’attendait ! Aaaaaah, quelle excitation, quelle extraordinaire sensation ! C’est pour cette raison que le chercheur digne de ce nom s’engage dans la recherche historique. Pour se trouver dans cette salle, où on va lui amener de vieux journaux poussiéreux, de vieux registres poussiéreux, de vieilles boîtes poussiéreuses remplis de documents poussiéreux… c’est le nec plus ultra du métier !
Bien sûr, tout cela a perdu de son charme depuis que le crayon de bois est remplacé par l’ordinateur à porter et l’appareil à photographies numériques. Tout ce raffut à base de « tap » et de « clic » est un enfer pour les oreilles. Mais fort heureusement, de nombreux chercheurs persistent à perpétuer la tradition du crayon de papier. Quoi de plus extasiant qu’un crayon de bois qui casse sa mine et que l’on doit aller tailler au dessus de la poubelle ? Non non ne cherchez pas, il n’y a pas mieux ! Quant aux rigolades occasionnées par l’oubli d’une gomme, elles sont fort nombreuses !

Après cette digression mentale sur les traditions qui se perdent, je remplissais une petite fiche afin que l’on m’apporte le précieux sésame. Vingt minutes plus tard - saluons la rapidité des archivistes – on m’apportait un splendide carton, rempli de documents sur les clubs de football lillois durant la période 1900-1915.
Il manquait bien quelques informations, sans cela ce n’est pas drôle, mais je pus agrémenter mon dossier de pièces rares et de témoignages forts. Les idées nouvelles fusaient et je sentais déjà le best-seller pointer le bout de son nez.
Mon travail acharné terminé, je quittais le local après avoir récupéré mon veston et mon sac auprès de Madame la joie à l’accueil.

Alors que je retournais vers la gare, fourbu mais satisfait, un bruit énorme secoua le centre-ville. La foule paniqua un tantinet, et je faillis être piétiné.
Finalement, il y avait plus de peur que de mal. Des petits plaisantins avaient chargé un dirigeable de vieux charbon industriel de la grande époque et ils l’avaient fait exploser au dessus de la ville, pour noircir tous les visiteurs. Du moins c’est ce que je compris. Mes connaissances en physique-chimie ne me permirent pas de confirmer si oui ou non, la chose avait été possible. Toujours est-il que Lille n’était plus seulement noire de monde, ses rues l’étaient aussi. Quant aux visiteurs, ils étaient sales mais la plupart ria de bon cœur à cette blague lamentable, qui était tellement honteuse qu’elle en était risible. Seulement quelques-uns avaient mauvaise mine… de charbon, somme toute.

Tard dans la nuit, le train me ramenait chez moi. J’avais passé une agréable journée dans le Nord. Un Super Picsou Géant, de belles trouvailles aux archives, un amour retrouvé pour le crayon de bois… que pouvais-je demander de plus ?.. Comment ? Avoir une vie intéressante ? C’est exact… mais chaque chose en son temps…

FIN.

Posté par Fantaroux à 19:42 - Enquêtes et Anecdotes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 janvier 2008

Lille Noire (2/3)

Le train était bondé. Cela ne veut pas dire qu’il était rempli d’amateurs de James Bond, non. Il était tout simplement plein de monde. Cette fréquentation massive du transport ferroviaire en direction de Lille s’expliquait aisément car c’était le moment de la grande braderie, qui chaque année attire moult individus de tous pays, du Mozambique au Groenland en passant par le Tadjikistan.
Vous allez me dire que j’aurais pu choisir un autre moment pour me rendre sur place. Je vous répondrai de vous mêler de vos affaires. Et puis d’abord, j’ai déjà signalé que mon agenda était complet et que je n’avais guère le choix.

Le voyage se déroula sans histoires. A noter seulement une légère altercation avec le contrôleur qui ne reconnaissait pas mon visage sur ma carte de réduction pour seniors. J’avais à l’époque, il est vrai, dû prendre la photographie en urgence et je n’avais pas ma moumoute sous la main, et encore moins sous le pied. Il n’empêche que j’étais parfaitement reconnaissable et que je pestais contre ce sot qui annonçait tout fort : « Comment ça se fait-y que vous n’aviez pas de cheveux à l’époque de la photo quand elle a été prise là ? ». Quel imbécile ! Douter de mon honnêteté, c’était un comble ! Faire de telles fautes de grammaire en était un autre ! Avais-je une tête de fraudeur ? Non, ce qui ne m’avait pas empêché de frauder quand même en trafiquant mon âge, et ce afin de bénéficier des avantages des personnes âgées, qui ne méritent pas tant de privilèges (voir le spectre de l’autocar pour mes démêlés avec les grabataires). Toujours est-il que le contrôleur qui était davantage « con » que « trôleur » ne regardait pas au bon endroit et j’en étais fort aise.

Peu avant la descente du train, un homme s’approcha près de moi et me dit : « Kapitu Chanana, Sipalu Mouganga ». Je lui répondais « Crétos Nolobouc Vachila », tout heureux de constater que l’option « inuit » que j’avais prise au collège m’avait enfin été utile. Il me semblait que l’homme m’avait tout simplement demandé si on l’arrivait à la ville de la braderie. Et j’avais répondu « Oui mon bon monsieur ». Ce fut au final une fausse joie lorsque je vis des infirmiers courir après mon inuit. Ce n’était rien d’autre qu’un fou, je m’étais lamentablement fourvoyé.    

Je posais le pied sur le sol Lillois aux alentours de 11h30 ou 12h, je ne sais plus exactement. Tout ce que je sais, c’est que mon ventre criait famine, au moins autant que la population médiévale lors des grandes crises. Oui, l’historien d’excellent niveau se doit de connaître les boniments des périodes étrangères à la sienne.

Je filais donc en direction des archives en mangeant un somptueux panini chèvre, acheté à la buvette deux étoiles de la gare.

Le centre-ville était noir de monde, ce qui explique en partie le titre de l’anecdote. Les bradeurs y allaient à cœur joie et la marchandise ne manquait pas de diversité. En passant, je jetais un œil prêt à bondir sur le premier exemplaire du Petit Journal qui s’offrirait à ma vue. Malheureusement je n’en vis point mais je me consolais avec une splendide trouvaille, le numéro 22 du Super Picsou Géant, que je réservais à Fisseuton lors de notre prochaine rencontre (et que je comptais bien dévorer en cachette avant).

A suivre...

Posté par Fantaroux à 02:06 - Enquêtes et Anecdotes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 janvier 2008

Lille Noire (1/3)

Il est cinq heures, Riton s’éveille. Cet hommage incroyable et inattendu à une chanson populaire ne doit pas vous faire perdre de vue qu’il était cinq heures de l’après-midi, ce jour-là. En effet, je suis bien trop peu matinal pour me lever à l’heure des coqs et autres marmottes qui se seraient couchées en même temps que les poules, le tout avec une humeur de chien et une haleine de phoque. Mais ça vous le savez, vous qui me lisez depuis un moment déjà. Si vous ne le savez pas, vous me le paierez cher ! A noter que cette phrase est davantage là pour faire sensation que pour terroriser les ignorants.

Il était cinq heures de l’après-midi donc, et je sortais d’une petite sieste de deux heures. Le cours que j’avais donné le matin à la faculté, sur la paresse dans les bas quartiers de Laval au 19ème siècle, m’avait épuisé et je devais récupérer toute mon énergie pour bien préparer mon voyage du lendemain.
Je préparais en effet un ouvrage sur le général de Gaulle qui allait nécessiter un voyage aux « areuchives » de Lille. Un de plus, me direz-vous ! Un ouvrage, hein, pas un voyage aux archives de Lille. Certes, le monde éditorial - et particulièrement celui de l’édition historique - regorgeait déjà d’un innombrable nombre d’ouvrages sur ce héros national. Cela dit, je comptais bien aborder la question d’une manière tout à fait originale pour attirer une nouvelle fois gloire et doux lauriers césariens. C’est pourquoi je comptais intituler l’ouvrage De Gaulle et son poste de goal au football, et ainsi avoir un angle d’approche nouveau.
Je devais donc me déplacer dans la ville natale du général, celle qui l’a vu jouer au ballon étant petit, c’est-à-dire la charmante bourgade lilloise.

A 21h, j’éteignais la lumière. J’avais beau avoir dormi une partie de l’après-midi, il fallait que je me couche tôt, comme le commandant. Oui je rappelle que mon humour est parfois peu recommandable même s’il n’atteint pas le niveau de celui d’un comique troupier. Le comique troupier qu’il ne faut pas confondre avec le clown, qui a un beau nez rouge, comme le commandant.
Toujours est-il que mon TGV partait à 08h et que je ne devais en aucun cas rater ce train, mon emploi du temps étant très chargé vous l’imaginez bien. Je ne pouvais rester qu’une journée dans le Nord.
Pendant la nuit, je fis un rêve bizarre où je rentrais dans L’Histoire, enfin dans un numéro de la revue du même nom. J’espérais alors que ce rêve serait prémonitoire, et que mon ouvrage me permettrait de rentrer dans l’histoire, ce qui vous en conviendrez avec moi, est bien plus prestigieux que de rentrer dans Gringoire ou Wapiti.

Au petit matin, mon visage faisait pâle figure à cause de cette nuit agitée par ces rêves de gloire. J’engloutissais un féroce petit-déjeuner et j’écoutais les mauvaises nouvelles du jour. Je récupérais ensuite ma moumoute que j’avais laissé tremper dans une lotion spéciale, « senteur des îles ». J’étais alors fin prêt et je filais en direction de la gare avec mon crayon de papier et mon grand cahier, bien décidé à soulever la poussière de toutes les archives lilloises…

A suivre...

Posté par Fantaroux à 19:53 - Enquêtes et Anecdotes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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