Ptouc. Trois raisons majeures m’ont poussé à reprendre cette rubrique. La première, c’est la symphonie en ut majeur, de Bizet, qui n’a rien à voir mais qui a eu le mérite de me faire penser à quelque chose de majeur. La deuxième, c’est l’unique intervention qui constituait cette rubrique et dont j’ai pris pitié. Je suis un grand sensible, c’est l’occasion de le rappeler. Quant à la troisième, heu… il n’y en a pas mais j’ai la paresse d’éditer mon fichier de traitement de texte.

Aujourd’hui mon humeur porte sur l’humour, ce qui introduit d’ores et déjà un jeu de mot si caractéristique du concept. Si vous ne comprenez pas mes paroles, n’allez pas chercher midi à dix-sept heures. C’est peut-être normal.

Pourquoi traiter d’humour, alors que ce blog internétal n’en propose jamais l’ombre d’une trace ? C'est une nouvelle interrogation pour le pourquoiblog.

C’est très simple, du moins pour les esprits un tant soit peu développés.

Tout commença cet après-midi. Je finissais de donner un cours sur « les pois chiches et leur utilisation dans la pharmacopée vénusienne du 19ème siècle», cours fort intéressant et en partie stupide, étant donné que Venus n’a pas encore été explorée. Bref, je sortais de ce cours quand l’idée saugrenue me vint d’aller faire un tour à la Fourniture de Narticles Achetés Chers, à savoir la FNAC. Je rappelle aux étudiants rêveurs qu’il ne faut pas confondre cet endroit avec la fac mais je conçois qu’à une lettre près ce soit difficile.

Je rentrais donc dans l’antre du démon, les yeux émerveillés par tant de produits, la moumoute frétillant d’envie à l’idée de se diriger vers le rayon des ouvrages historiques. J’allais y faire un tour, naturellement, afin d’avoir la conscience tranquille et de remplir mon devoir d’enseignant-chercheur modèle. Je ne prenais cependant rien, ma bibliothèque cérébrale et mon étagère en bois étant déjà remplies des ouvrages de référence.

J’atterrissais donc au rayon Bandes Dessinées, avec mon parachute. En réalité je n’avais pas de parachute, vous l’avez compris, c’était simplement pour rendre l’expression absurde.

Je flânais alors parmi ces bêtises imagées, que je respectais tout de même un tantinet en pensant à mon nègre favori – en même temps il est seul – à savoir Fantaroux, bédéphile averti.

Je repartais du rayon avec le chat sous le bras. En effet, le dernier album de Philippe Geluck vient de paraître et j’ai décidé de l’acheter pour lire ses balivernes, avant de les céder à Fantaroux bien sûr.

En parlant de céder, justement, je passais ensuite à côté sans m’y arrêter. Non, ce qui m’intéressait dès lors, c’était les DVD, et pas l’espace musical. J’ai en effet décidé depuis peu de vendre mon magnétoscope à un brocanteur pour faire l’acquisition de cet appareil moderne et luxueux à la place, moyennant piécettes supplémentaires. Le rayon de ces disques modernes est donc maintenant bien connu par Riton, et je peux même dire que Riton en connaît un rayon. Voilà un chiasme personnalisé tout à fait remarquable.

Attiré par les promotions, je constatais qu’Omar et Freud faisait un Service Après Vente des émissions. J’achetais donc la saison première, tout heureux d’acquérir une nouvelle œuvre de Freud. Quant à Omar, je ne le connais pas, mais je suppose que ses talents de psychanalyste sont également renommés.

Dans la foulée, j’arrivais au rayon des séries de télévision. Bien que peu enclin à ce genre d’âneries en temps normal, je décidais - car j’étais dans un bon jour aujourd’hui - de jeter un œil, et non pas les deux sans quoi je n’aurais plus vu clair.

Bien m’en prit puisque je découvris avec stupeur un DVD d’une série anglaise, Little Britain. Voilà qui allait me faire progresser dans la langue des Pet Shop Boys, accessoirement la même que celle de Shakespeare. Ce n’est pas que mes lacunes sont grandes, mais mon séjour aux Amériques a déjà pu montrer mes hésitations. Si vous n’avez pas lu cette épopée magique, il est encore temps.

Je me dirigeais ensuite vers la caisse, prêt à devoir subir la colère de mon portefeuille. Ce dernier devint fou de rage lorsqu’il constata que je m’étais à nouveau arrêté. J’étais tombé sur la perle rare, le petit bijou auquel on ne peut résister. Les Vacances de Monsieur Haricot en DVD ! Aaaah, Monsieur Haricot ! Ses mimiques me rappellent celles de tonton Philibert lors des repas de famille. Elles me font aussi penser à moi-même lorsque je lis des copies d’étudiants patentés, ou plutôt pas tentés par les études.

C’est donc avec un album BD de blagues à deux sous, une série anglaise bien meilleure que les animaux du bois de quat’sous, un Monsieur Haricot qui me rappelait mon gentil tonton saoul, et une œuvre de Freud et un ami qui, tel le Petit Journal à la grande époque, ne coûtait pas plus d’un sou, que je passais à la caisse et donnait tous mes sous. L’écriture de cette phrase a engendré la prise de deux cachets d’aspirine, je précise au cas où vous auriez vous aussi des maux de tête.

La caissière parut surprise de mes achats saugrenus. On a beau être distingué et propre sur soi, en portant une moumoute bien repassée et une chemise polaire bien lavée, on n’en reste pas moins un homme sensible aux pitreries diverses.

Rentré chez moi, je m’apprêtais à rigoler un bon coup. Seulement, le temps d’écrire ce billet sur mes billets dépensés, la soirée passait bien vite. De plus, je me souviens à l’instant que j’ai une recherche urgente sur les zazous à terminer.

Avec un peu de chance, j’aurais tout visionné avant l’année prochaine !

C’est un des grands mystères de la vie que tout cela. On achète, on entasse, et on ne prend pas le temps d’en profiter. C’était la morale de cette histoire, qu’on pourrait pour le coup apparenter à un fabliau moyenâgeux, bien qu’il manque les vers, mais je n’ai pas que ça à faire.

A mardi pour de nouvelles enquêtes et anecdotes. Soyez au rendez-vous, ou revenez le lendemain, le jeudi soir ou le dimanche midi. Etant donné que les écrits restent, cela n’a guère d’importance… même si naguère cela en aurait causé, à l’époque où la toile internétale n’existait pas. Mais je déblatère je déblatère, et je n’en finis plus.

Bonne fin de semaine à tous.

Riton.