Enquêtes et Anecdotes de Riton Lacapuche, enseignant-chercheur !

Riton Lacapuche, enseignant-chercheur de renom, passe son temps libre à résoudre moult mystères ! Et ce, grâce à son intellect surpuissant, voire inégalable !

26 novembre 2008

Les dix dauphines (2/3)

Miss Sorbonne inaugura. C’était une charmante brunette, ma foi, et ses idées pour l’environnement étaient très bonnes, pour ne pas dire aussi ravissantes qu’elle. Mon voisin de table, le philosophe, visiblement illuminé, me parla de son bonnet alors qu’elle n’en portait pas sur la tête.

Arrivait ensuite Miss Valéry, qui s’appelait, et c’était fort à propos, Valérie. Sa blondeur et sa poitrine généreuse cachaient bien sa passion pour la question des sans abris. Elle proposait qu’on leur fasse une place dans les grandes demeures mais « si les valets rient, les propriétaires n’en font pas autant », nous disait-elle.

Miss Montaigne suivait dans la foulée et, loin d’être une teigne, elle séduisait avec son sourire angélique mais surtout avec ses solutions bien senties sur le problème du chômage. Elle avait chômé dur et elle était prête à soulever des montagnes !

La première pause publicitaire nous fit le plus grand bien, car la majorité de la gent masculine présente dans la salle ressentait un grand besoin de s’éponger le front. Je fus pris d’un fou-rire en pensant aux deux chroniqueurs mondains, qui s’appelaient Bob et Eugène. « Quand Eugène sue, me disais-je, Bob l’éponge ! ».

A la fin des réclames, c’est-à-dire vingt-cinq minutes plus tard, Jacques-Gérard Foucault reprit la parole et la laissa très vite au reste des candidates, à commencer par Miss Nanterre.
Cette dernière avait des propositions pour enterrer les difficultés financières du pays. A la vue de ces longs cheveux ondulés, beaucoup devinrent subitement passionnés d’économie.

C’était ensuite au tour de Miss Sophia-Antipolis de faire sensation avec ses idées hors du commun. Sophie, c’était son prénom, était plutôt anti-police. Elle critiquait fermement certaines attitudes de la maréchaussée, notamment envers les minorités, et prônait un certain nombre de réformes. Elle fut très applaudi, tant pour son discours poignant que pour son décolleté chic.

Quelques minutes plus tard, Miss Descartes s’écartait poliment après avoir convaincu, du haut de ses talons et de sa robe soyeuse, les spectateurs et téléspectateurs de se méfier des charlatans exerçant la cartomancie. Passionnée de belote, elle ajouta qu’elle savait compter jusqu’à trente-deux sans se tromper. Nous sourîmes, sauf le philosophe, qui n’avait rien compris.

Après cela, Miss Diderot dit deux mots sur son engagement humanitaire. Il ne lui était pas nécessaire de parler pour être observée. Son nez, sa bouche, sa coupe de cheveux, son front, ses oreilles, ses genoux et son avant-bras gauche suffisaient à attirer l’attention. A noter que ce moment fut mis à profit par le maître de conférences qui, visiblement en proie à l’alcool, nous gratifia de deux rots pétaradants. Ce fut le seul incident notable de la soirée.

A suivre…

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20 novembre 2008

Absentéisme

Horreur et Mac Gyver !

Cette semaine, j'enchaîne les colloques et les séminaires ! Vous retrouverez la suite de mes aventures mercredi prochain.
La maison est navrée de ce désagrément et vous présente toutes ses excuses. Celui qui vit dans la maison aussi.

Bien à vous,
Riton.

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12 novembre 2008

Les dix dauphines (1/3)

Avant toute chose, je tiens à préciser à mes lecteurs chanceux que cette anecdote n’a rien à voir avec le charmant cétacé aquatique qui amuse les enfants. N’allez-pas croire non plus que je ne considère qu’une partie de mes lecteurs en disant lecteurs chanceux, mon but ici n’étant évidemment pas de me montrer sectaire. Je veux simplement dire que tout lecteur habitué à ma prose a forcément de la chance, l’adjectif forme donc un tout avec le nom. Mais écoutez-moi donc, ou plutôt lisez-moi lors des prochaines lignes, vous comprendrez le titre, et puis oubliez cet avant-propos ridicule.

Un beau matin de printemps, où les mères étaient occupées à allaiter leurs bébés de manière monotone en écoutant le chant du pivert ou les quatre saisons de Vivaldi, je reçus un drôle de courrier de la part de Timothée, le brave postier du quartier. C’était une invitation pour une soirée très prisée dans le milieu intellectuel, j’ai nommé la cérémonie des Miss Tête. C’est plus ou moins l’équivalent de la cérémonie honteuse des Miss France, Monde et autres Univers, sauf que là c’est d’une part plus guindé, et d’autre part plus réglementé. En effet, les candidates sélectionnées doivent impérativement être intelligentes, ce n’est plus une option facultative comme pour les autres concours. Le jury a alors la lourde tâche d’élire la plus belle des femmes cultivées, celle qui rendra jalouse toutes les autres et fou de désir tous les autres. Or, on m’invitait justement à prendre place dans le jury final, qui devait départager les onze dernières candidates. J’acceptai sans tarder, et avec grand plaisir, toujours prompt à aider la science.

Deux ou trois jours plus tard, ma mémoire me fait défaut, je donnais un cours sur la chicorée bon marché des années 1950. Alors que j’abordais tranquillement les différents degrés de température de l’eau pour la préparation de la boisson, un élève s’amusa à dire que la température du plateau de télévision sur lequel j’allais me trouver serait, elle, très élevée. Le fourbe avait lu ma présence dans l’émission en parcourant le programme télévisuel. Je rétorquai à ce freluquet que ce genre de lectures ne l’aiderait pas à devenir un grand historien, ce qui lui cloua le bec et lui valut les moqueries de ses congénères.

Le jour J arriva bien vite. J’avais mis ma moumoute du dimanche et mon costume-cravate vert et jaune, histoire de rester sobre. J’étais allé m’asseoir auprès de mes confrères jurytologues, et non pas gérontologues. Nous étions sept, comme les nains du dessin animé. Outre moi, il y avait deux autres enseignants-chercheurs, un maître de conférences, un philosophe et deux chroniqueurs mondains de bas étage. Autant dire que j’étais sans contestation possible la personnalité la plus huppée du lot, et cela me comblait de joie.

Jacques-Gérard Foucault, un homonyme de l’autre, vint présenter la cérémonie qui était retransmise en direct sur Intello-Tv, une chaîne câblée dont la durée de vie fut malheureusement très courte. Le déroulement avait été prévu de la manière suivante, les onze finalistes allaient exposer chacune leur tour leurs qualités intellectuelles, puisque pour ce qui était du physique, tout était parfaitement visible. C’est à ce moment très précis, je m’en souviens très bien, que je pris mon pied (pour ôter un caillou de ma chaussure).

A suivre…

Posté par Fantaroux à 02:38 - Enquêtes et Anecdotes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 novembre 2008

Le cirque Bourboni (2/2)

« La parole est à Monsieur Lacapuche, rapporteur général de la Commission des intellectuels, et membre éminent de la confrérie des gastronomes ».

Montant à la tribune, le regard haut et fier, je m’exprimai en ces termes :

« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chers collègues, chers élites, chers édiles, chers ministres, chers auditeurs, chers téléspectateurs, chers visiteurs égarés, chers mineurs, chers majeurs, chers trentenaires, chers quadragénaires, chers cinquantenaires, chers sexagénaires, chers septuagénaires, chers octogénaires, chers disparus, merci du fond de mon âme et de mon cœur de bien vouloir accepter d’avoir l’obligeance de m’écouter attentivement (bravo, bravo, quelle entrée en matière) !

En ces temps douloureux de crise généralisée, la Commission a daigné s’intéresser à la question des intellectuels et de leur survie (bien, bien). En tenant compte de l’urgence de la situation, elle a pris un certain nombre de mesures que je vais énumérer maintenant, si vous le voulez bien, et même si vous ne le voulez pas car je suis à la tribune et pas vous, et toc. (rho là là, comment il se la pète).

Premièrement, les intellectuels qui iront se mêler à la populace pour leur expliquer les causes et les enjeux de la crise, je pense notamment à ceux qui se rendront à la télévision dans des émissions dites culturelles (rires), recevront une indemnité financière dont le montant reste encore à définir. Cela permettra au volontariat de se développer et à la courte-paille de disparaître totalement des mœurs de nos comités (applaudissements).

Ensuite, j’annonce, au nom de la Commission, la création d’une caisse de secours qui permettra de sauvegarder tous les salaires des intellectuels, quelque soit l’étendue, la durée de la crise mondiale qui nous atteint (très bien, très bien). Cette mesure concerne entre autres les scientifiques de laboratoire, les enseignants-chercheurs, les libres-penseurs, les penseurs emprisonnés, et tous ceux qui sont payés à réfléchir mais qui ne trouvent rien, c’est-à-dire la majorité (vifs applaudissements).

Enfin, et je terminerai là-dessus, nous sommes en mesure d’assurer, et je sais que cela fera plaisir à beaucoup d’entre vous, le maintien des pauses-déjeuners lors des séminaires et des colloques, quelque soit leur nature (hystérie générale, certains se lèvent de leur banc pour danser le charleston). Vous pourrez ainsi continuer (l’orateur hausse le ton) à vous empiffrer de viennoiseries, à engloutir du café commerce équitable, à déguster des produits locaux sélectionnés par les meilleurs fournisseurs de l’intelligentsia, et ce même si nous devons priver les bas quartiers de nourriture ! (la salle devient incontrôlable et l’orateur a droit à une standing-ovation en rejoignant le banc des intellectuels modérés) ».

C’est au moment où je fus soulevé par la foule en délire que mon rêve s’interrompit.  Il est évident que tout ce que je viens de dire ne pourrait être réel ! Déjà, il n’y a aucun intellectuel à l’Assemblée (je sens que je vais me faire des amis, mais en même temps je me dois d’être sincère). Et puis, vous me voyez vraiment engagé en politique ? Ce serait un tel cauchemar pour mes adversaires que ma bonté naturelle m’interdit d’y penser !

FIN.

Posté par Fantaroux à 00:25 - Enquêtes et Anecdotes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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