31 décembre 2008
Tonton Philibert (2/2)
Le quatrième jour, la preuve était faite que la
faim m’avait fait manger et apprécier n’importe quoi. Je passais toute
ma journée à la selle, à expulser douloureusement les matières fécales
de mon jeune corps fragile. Pendant ce temps-là, tonton se remettait
lui aussi en selle, au niveau de l’alcool j’entends, en ne sirotant pas
une grenadine mais plusieurs packs de bières avec un compagnon de
beuverie. De retour au bercail, tonton Philibière me trouvait toujours
aussi mal en point, dans la même position et au même endroit. L’idée
lui vint alors de me donner un petit remontant, histoire que je
retrouve un peu de mine. Tonton vit que cela était bon, puisque mon
teint passa subitement du vert pâle au rouge vif. Cette eau de vie de
prune, de quinze ans d’âge, que j’avais prise pour une vulgaire tisane
à cause de mon innocente jeunesse, me plongea dans un sommeil
réparateur, et surtout, vous allez le voir, long.
Le cinquième jour, je dormis.
Le
sixième jour, en voyant que je ne me réveillais pas, tonton commença à
s’inquiéter de mon état de santé. Il prit alors son combiné
téléphonique - le temps des sans-fils et autres téléphones mobiles
étant encore bien loin - et appela la mairie pour savoir qui il devait
appeler. Le secrétaire, vraisemblablement éméché lui aussi, lui
conseilla d’appeler les renseignements, qui pourraient peut-être le
renseigner sur qui appeler. Tonton trouva que ce n’était pas idiot et
il s’exécuta (mais non, pas au sens premier du terme, bougres d’ânes).
L’hôtesse d’accueil des renseignements téléphoniques comprit assez
rapidement, à l’intonation de sa voix, qu’elle avait affaire à un
hurluberlu alcoolisé. Ainsi, lorsque les ambulanciers arrivèrent chez
tonton, c’était pour l’emmener lui, et non pas pour me secourir. On
l’emmena, il prit une douche froide, et on le lava avec du gel douche.
C’est la première fois qu’on lui en mettait, et tonton vit que cela
sentait bon.
Puisque le premier chapitre du Pentateuque s’arrête
à six jours, il n’y en eut pas de septième. C’est idiot mais c’est
comme ça, et puis c’est mon histoire alors si vous n’êtes pas contents,
je vous dis zut.
Le sixième jour toujours, donc, à la nuit, mes
parents débarquèrent dans la masure de tonton, enfin ils s’arrêtèrent
chez lui car ils n’étaient évidemment pas venus en bateau ! Surpris de
ne trouver personne, à part la porte ouverte, ils entrèrent et au bout
de quelques minutes, me découvrirent endormi dans la chambre du fond.
Papa me réveilla gentiment en me tapant sur l’épaule, et ça, tonton
avait visiblement oublié d’y penser. Fraîchement réveillé après 48h de
sommeil, je ne sus pas dire ce qui était arrivé à mon hôte.
Heureusement, comme le hasard fait parfois bien les choses (et qu’il
faut terminer cette histoire à cinq sous), les ambulanciers ramenèrent
tonton chez lui au même moment. Dégrisé par la douche, il avait
expliqué la situation à Monsieur Basile, le directeur de l’asile, qui
avait aussitôt ordonné à un véhicule de le reconduire à son domicile et
de prendre de mes nouvelles. J’avoue que cette attention envers ma
personne ne me déplût pas.
Ainsi s’achevait mon séjour
chaotique chez tonton Philibert. Étrangement, quand ils surent pourquoi
j’avais dormi si longtemps, mes parents ne m’envoyèrent plus jamais en
vacances chez lui.
Nous ne le vîmes d’ailleurs plus très souvent,
et le pauvre homme termina sa vie dans la solitude et la maladie. Selon
ses vœux, il fut incinéré. Il est vrai que tout objet imbibé d’alcool a
tendance à brûler plus vite. Ma famille, très catholique, aura lutté
jusqu’au bout pour qu'il soit mis en bière. En vain.
FIN.
24 décembre 2008
Les douze traîneaux de Riton Lacapuche
Tous les ans, c’est le même refrain (de lutin),
la même chanson (de chapon), ou la même ritournelle (de Noël). Le 25
décembre est l’occasion pour les adultes de retomber en enfance et pour
les enfants de tomber tout court, tout excités qu’ils sont. La
blancheur du ciel rime souvent avec la neige éternelle, qui tombe elle
aussi et fleurit l’horizon d’une pureté sans nom. Mais je m’emballe, je
m’emballe – ce qui au demeurant n’est pas idiot en cette période de
cadeaux – mais j’en oublie le sujet qui me préoccupe aujourd’hui.
Je
me suis toujours demandé, au cours de ma longue et noble vie
d’intellectuel comblé, si j’aurais fait un bon père noël. Ce n’est pas
un questionnement très raffiné, je vous le concède, mais ce n’est pas
plus ridicule, quand on y pense, que de travailler sur les bigorneaux
carnivores des terres arides du Roussillon au 12ème siècle, ou sur la
contrebasse péruvienne des origines à nos jours.
Je pense, et je
suis là-dessus en parfait accord avec moi-même, que l’utilisation d’un
seul traîneau pour couvrir tout le globe est chose impossible. Cette
utopie, longtemps entretenue par les mythologistes les plus fervents
ainsi que par les spécialistes de la question de Noël, je pense à
Sémaphore Labuche ou à Barnabé Sapin, a forcément une alternative plus
réaliste. Je vous en propose une.
Que diriez-vous de douze
traîneaux ! Chacun aurait une mission bien particulière à remplir. Le
premier, le plus rempli justement (aux trois quarts à-peu-près), irait
jusque chez les enfants les plus défavorisés, apporter un chocolat (un
seul), un bonbon (un seul), ou un poisson (une sole). Un deuxième
convolerait, heu volerait vers les souliers des enfants plus aisés,
avec pour but de leur offrir, l’objet pas cher mais qui fait plaisir,
comme une paire de chaussettes ou de la pâte à modeler. Au même moment,
un autre passerait chez les plus riches, pour leur laisser ce gentil
mot :
« Chers petits amis, vous n’aurez rien puisque des cadeaux,
vous en avez toute l’année, et qu’il faut pas exagérer, je suis pas
l’armée du salut, et que si vous êtes pas contents, vos cadeaux, vous
pouvez vous les mettre dans le trululu, non parce que hein,
saperlipopette, faut pas pousser le bouchon trop loin, nom d’un p’tit
bonhomme de neige ! Bisous. »
Ensuite, un quatrième irait chez
les enfants intelligents, ceux qui ont compris que le seul et véritable
homme au bonnet rouge, c’est Jacques-Yves Cousteau, ou un clown. Cela
éviterait ainsi, en ce temps de crise, des dépenses inutiles.
D’ailleurs pendant qu’on est dans les restrictions, le cinquième
traîneau se sacrifierait pour être utilisé comme combustible, le
sixième offrirait ses rennes comme gibier, et le septième emmènerait un
peu de barbe de Père Noël à des confectionneurs de moumoutes blanches.
(Il faut bien que je pense un peu à ma retraite).
Dans le même
temps, les attelages huit à onze remercieraient ceux qui ne fêtent pas
Noël, soit parce qu’ils n’aiment pas ça (une boîte de chocolats), soit
parce qu’ils sont dépressifs (deux boîtes de chocolats) ou en prison
(une orange) ou les deux, soit parce qu’ils n’ont pas d’enfant (trois
boîtes de chocolats et une bouteille de champagne).
Le dernier,
enfin, serait un peu plus particulier. A défaut d’offrir des cadeaux,
il embarquerait à son bord David Copperfield, Sylvain Mirouf et Gérard
Majax, pour que ces derniers entretiennent la magie de Noël.
Voilà
donc quels seraient les douze traîneaux de Riton Lacapuche, s’il devait
prendre les rennes (ha ha ha) de l’opération Noël. Certains diront que
c’est une théorie pessimiste, je pense à Guy Relande ou à Jean-Marie
Laboule. Eh bien c’est faux, car j’aurais pu parler des bébés qui
brûlent à cause des guirlandes électriques, par exemple, mais je ne
l’ai pas fait car je sais rester digne ! A tous ceux qui sont en état
de le fêter, je souhaite un Joyeux Noël !
17 décembre 2008
Tonton Philibert (1/2)
Les plus aguerris d’entre vous, ô que j’aime
employer ce vocable pompeux, se rappelleront de mon tonton Philibert,
évoqué déjà dans une aventure passée et connu pour son amour de la
boisson*. A l’occasion du dixième anniversaire de sa mort, fêté
dignement au Champomy par ma famille, je tiens à lui rendre hommage en
vous livrant une anecdote aussi savoureuse que l’alcool qu’il buvait,
celle de mes vacances chez lui lorsque j’étais petit.
Comme tout
ivrogne qui se respecte, tonton Philibert vivait en ermite, dans une
vieille masure, tel Bruno, le présentateur du journal télévisé. De
plus, il avait une jambe de bois, ce qui est un comble pour un homme
qui boit.
Vous noterez que même si j’aimais beaucoup mon tonton,
je ne l’appelle pas Tonton. C’est volontaire dans le sens où il
n’aimait pas le thé, alors je préfère en employer un petit plutôt qu’un
grand pour le qualifier, histoire de moins le chagriner, là où il est,
en supposant qu’il est quelque part.
Ceci étant dit, il
habitait justement près d’un étang, en rase campagne. Pour tout vous
dire, lorsque mes parents se décidèrent à m’emmener chez lui pour une
semaine, ce n’était pas par inconscience, mais parce qu’ils n’avaient
trouvé personne d’autre pour s’occuper de moi pendant leur séjour à La
Bourboule. Il faut en effet savoir que, quand on arrivait chez tonton,
ce n’était pas le même accueil qu’à Point-à-Pitre. Si là-bas on arrive
toujours à point nommé, il n’en était pas de même chez oncle Philibert,
et ce même si on faisait le pitre.
En guise d’accueil, je m’en
souviens comme si c’était il y a longtemps, nous reçûmes l’aspirateur
et la serpillère par la figure. Les deux outils de propreté étaient
dans un sale état, chose compréhensible du fait que tonton ne s’en
servait jamais pour faire le ménage - un mot inconnu de son vocabulaire
- mais qu’ils les utilisaient uniquement pour assommer les visiteurs.
Une
fois mon père soigné – c’est lui qui avait reçu l’aspirateur – mes
parents prirent la route sans honte, m’abandonnant dans les bras de ce
monstre. Le terme est bien sûr exagéré, mais il est représentatif de
l’image qu’il avait auprès de mes parents et du monde des adultes en
général. Pour ma part, à l’époque, l’âge faisait que je n’en avais pas
peur et qu’il me faisait rigoler. Et puis, il avait quand même bon
fond, un fond de bouteille par contre.
Mon premier jour chez lui se déroula sans histoire. Il m’est donc difficile de vous le raconter, s’il n’y a pas d’histoire.
Le
deuxième jour, Dieu appela l'étendue ciel et… heu… non, ça c’est la
Bible. Tonton appela son pote Michel et ils burent jusqu’à plus soif,
pour reprendre l’expression et non le sentiment réel de tonton bien
évidemment. Vous noterez que si je mets une majuscule à tonton en début
de phrase, c’est uniquement pour respecter les conventions de la langue
française.
A la fin de la journée, j’avais pu faire tout ce que je
voulais, et les deux buveurs s’étaient endormis. Michel avait amené une
eau de vie de sa fabrication. Tonton vit que cela était bon.
Le
troisième jour, tonton eut mal à la tête toute la journée. Il pensa
néanmoins à me préparer à manger, en mélangeant quelques légumes du
jardin et deux-trois boîtes de conserve. On sentait bien que la cuisine
n’était pas son fort, et son plat n’était guère appétissant mais, en
fin de compte, lorsqu’il m’entendit lui dire que je trouvais ça
excellent, tonton vit que cela était bon. Je nuancerai quand même en
disant que s’il m’avait donné des croquettes pour chat, j’aurais sans
doute dit la même chose, puisque je n’avais pas mangé depuis
quarante-huit heures.
A suivre…
* Voir Riton au pays des seaux viêts
12 décembre 2008
Visage-Livre
Chers amis, chers lecteurs, chers associces,
J'ai le plaisir de vous annoncer l'arrivée d'un groupe Riton Lacapuche sur le site de réseau social visage-livre, également appelé facebook par les bilingues et face de bouc par les malappris.
Je tiens à signaler que je ne suis pas à l'origine de cette création, ce qui je pense, est LE signe de qualité et de reconnaissance ultime (ultimate reconnaissancing, diraient les anglais mauvais en français, enfin en anglais chez eux).
Vous aussi, rejoignez la secte de Lacapuche ! C'est gratuit, sans douleurs, et c'est plus huppé que la secte de la casquette. Et surtout, c'est ici.
Bonne fin de semaine à tous.
Riton.
10 décembre 2008
Frank Frank
L’autre jour, je suis allé voir mon médecin, le docteur Frank Frank, rue des arnaqueurs. Je n’avais pas envie de rédiger quoi que ce soit, et encore moins de publier quoi que soit, ni même quelque chose ou un truc. Après un examen attentif de mon état de santé – prise de tension, vérification du pouls, massage cardiaque, débouchage des oreilles, radio de l’épaule gauche et du genou droit, toucher rectal, lumière de lampe dans la bouche, etc. - la sentence tombait : « Mon pauvre ami…vous êtes atteint de flemmagite aigüe ! ».
Pris de panique devant cette annonce terrifiante, je m’empressais de penser à vous et demandais : « Mais, comment vais-je faire pour mon blog ? Des milliers de lecteurs attendent chaque semaine une nouvelle histoire de ma part ! Les commentaires sont si nombreux que canalblog a été obligé d’augmenter son espace de stockage ! Non je ne peux pas leur faire ça ! Je ne peux pas arrêter ! Déjà l’autre jour j’ai dû repousser la dernière partie de l’histoire sur les dauphines, à cause d’un colloque qui m’avait épuisé. Bon, c’est bien tombé puisque, du coup, l’histoire s’est terminée juste avant l’élection de Miss France, mais quand même ! Je ne peux pas continuer comme ça ! ».
-Je vois, continua le docteur. C’est du surmenage ! Vous êtes trop occupé et vous ne pouvez pas gérer à la fois vos travaux personnels et un blog de loisir.
-Mais, enfin, d’habitude j’y arrive très bien. Pourquoi cette difficulté soudaine ?
-Hum, et bien, heu, c’est sans doute un effet de la conjoncture actuelle. Nous sommes en période de crise, ne l’oubliez-pas, et même si vous ne vous en êtes pas aperçu, elle vous a probablement touchée. Le moral des Français est au plus bas, leur portefeuille aussi, le mauvais temps revient, si tenté qu’il était parti, Christophe Maé a du succès, etc. Nous sommes dans une mauvaise passe, cher Riton ! Vous avez toutes les raisons du monde de vite vous sentir fatigué et de n’avoir rien envie de faire.
-Vous croyez ? Fichtre alors ! C’est bien embarrassant. Vous n’avez rien à me prescrire pour que je puisse guérir le plus tôt possible ?
-A part quelques vitamines, qui vous permettront de faire illusion, je ne peux que vous conseiller du repos, beaucoup de repos. Détendez-vous, en privilégiant vos activités favorites. Et puis pour vos histoires, écrivez en dialogues, c’est plus facile.
-Entendu, docteur, je vais suivre vos conseils. Oui, je vais me replonger dans ma collection des exemplaires du Petit Journal, et je vais essayer de compléter mon herbier. Cela me fera plaisir, et je l’espère, cela me revigorera rapidement !
-Voilà, c’est ça ! Allez, au plaisir, et n’oubliez-pas mes honoraires ! Prévenez-moi quand ça ira mieux !
-Pas de problème, mon ami. J’ai une idée, d’ailleurs. Je vais vous donner l’adresse de mon blog, comme ça vous pourrez constater de visu l’amélioration de mon état. Vous verrez, le style d’écriture est un peu surprenant au début, mais on s’y fait. Oh mais j’y pense, je dois publier une enquête ou anecdote mercredi prochain ! Je ne pense pas être encore d’aplomb pour le faire… comment régler ce problème ?
-Bah, vous n’avez qu’à raconter votre visite, en romançant un peu, ça vous permettra de tenir une semaine !
-Mais c’est une riche idée, ça ! Merci docteur Frank Frank, vous êtes un génie ! Pour un peu, je vous appellerais le docteur Frank Frank Einstein ! Ha ha ha !
-Ha ha ha ho ho ho hi hi hi uh uh.
FIN.
03 décembre 2008
Les dix dauphines (3/3)
La
deuxième coupure publicitaire était à peine terminée que Miss Monnet
prenait la parole, et pas pour discuter des affaires monétaires ni même
de peinture, contrairement aux apparences. Son credo était davantage la
chirurgie esthétique. « Regardez ce qu’ils ont fait à mon nez », nous
dit-elle en dénonçant les mauvaises pratiques des praticiens. C’est
vrai que cette difformité l’handicapait quelque peu pour la
compétition, mais elle se rattrapait joliment avec des cuisses et des
jambes pulpeuses, qui elles, n’avaient pas besoin d’être refaites.
Miss
Dauphine se présenta ensuite et elle passa tout de suite pour une femme
libérée, étant donné la tenue qu’elle portait. L’université qu’elle
représentait avait un nom qui ne la prédestinait pas à la victoire,
mais elle se défendit corps et biens en dénonçant avec poigne la
maltraitance des animaux, dauphins en tête bien évidemment.
La
voix de Miss Rabelais nous fit d’abord une drôle d’impression. On eut
dit qu’elle bêlait comme un rat… comme une chèvre pardon. Enfin, une
fois l’habitude prise, il n’y parut plus et nous l’écoutâmes
attentivement. Je dois dire que son physique comblait si parfaitement
son défaut vocal que je ne sais même plus de quoi elle s’était faite
spécialiste, mais pour sûr, ces idées étaient aussi bonnes qu’un repas
gargantuesque.
Enfin, dernière candidate, Miss Cézanne, qui
s’appelait Suzanne, nous dressa un sombre tableau en évoquant la
situation des écoles. Elle fit le portrait des enseignants d’alors,
dans lequel je ne me reconnus pas. Je pris donc ses propos avec des
pinceaux, plutôt que des pincettes, mais je fus conquis par son visage
coloré.
Nous eûmes ensuite quelques instants de quiétude pour
délibérer, le jury et moi. Nous nous tiraillâmes, tant la décision
finale était dure à prendre.
Lorsque nous revînmes des toilettes
(la production n’avait pas de quoi se payer une salle de
délibérations), ma moumoute était légèrement décollée, Eugène avait un
œil poché et les deux autres enseignants-chercheurs revenaient,
justement, en saignant. Le philosophe, lui, avait oublié de revenir et
le maître de conférences, éméché mais pas amoché, cuvait son vin.
Dès
que le roulement de tambour se termina, nous annonçâmes le nom de la
gagnante ! C’était Miss Sophia-Antipolis, la belle jeune femme du sud.
Ses idées avaient fini par l’emporter, tout comme son teint frais et
resplendissant. Et puis surtout, de manière moins officielle, nous
avions pris soin de ne pas couronner une Miss parisienne, histoire
d’avoir le temps d’aller consoler les perdantes sans qu’elles n’aient
de train à prendre. Mais ça, chers lecteurs chanceux*, c’est une autre
histoire, et l’enseignant-chercheur chanceux que je suis ne vous en
dira pas plus…
FIN.
*Même que l'un d'entre vous fête son anniversaire aujourd'hui. Si ! Si !
