18 février 2009
Hold-up au Crédit Bulle (3/3)
« Vroum vroum piyoupiyoupiyoupiyoupiyoupiyou »,
voilà à peu près ce que pouvaient entendre les passants près desquels
la voiture de police passait très vite avec son gyrophare clignotant et
bruyant. Vous remarquerez au passage la retranscription parfaite de
l’onomatopée de la course poursuite. On se serait cru au temps des
cow-boys et des indiens, sauf que la neige remplaçait la poussière du
sol, qu’on ne chevauchait pas de chevaux et que les braqueurs n’avaient
pas de plumes. Réflexion faite, cela ressemblait plus au jeu des
gendarmes et des voleurs de la cour de récréation. J’étais tout excité
et n’avais qu’une envie, retrouver mes deux tortionnaires et leur faire
« pif-paf ».
Mon cœur se mit à battre un peu plus lorsque nous
aperçûmes la grosse voiture signalée par le témoin, à seulement
quelques mètres de nous. Elle essayait tant bien que mal de s’accrocher
à la route, mais on sentait que c’était peine perdue. La victoire était
proche !
Visiblement, les bandits durent se dire la même chose car,
tout à coup, contre toute attente et à la surprise générale, ils
abandonnèrent leur véhicule et s’engouffrèrent dans une petite ruelle
où nous ne pouvions les suivre. Visiblement, ils n’avaient pas de
complice puisque leur grosse cylindrée alla s’empaler contre un mur en
ne faisant, heureusement, aucune victime (je m’en voudrais qu’un tel
drame se produise dans mes histoires).
C’est donc à pied que
nous continuâmes la poursuite. Sans leurs pneus-neige et avec leurs
chaussures de ville, les deux policiers étaient à présent à armes
égales avec les deux fuyards, et ils glissaient tous en chœur, si bien
qu’on aurait dit un quatuor de patineurs artistiques préparant un
numéro. Pour ma part, je ne faisais pas le malin avec mes chaussures
antiglisse car, si je ne jouais pas les Philippe Candeloro, les balles
fusaient dangereusement et je n’avais rien pour me défendre. Soudain,
malgré mon extrême prudence, l’une d’elles frôla ma tête et je me
retrouvais sans moumoute, le visage bleu de peur.
Lorsque nous
arrivèrent enfin au bout de cette maudite ruelle étroite et sombre, une
surprise de choc nous attendait. Un choc, justement, s’était produit
entre un des bandits et un petit pépé, qui étaient entrés en collision.
L’autre avait continué sa course. Le premier policier partit à sa
poursuite, et nous restâmes auprès des deux accidentés avec le
deuxième. « Je me promenais juste tranquillement, annonça le petit pépé
en nous regardant, l’air inquiet ».
Nous ne peinâmes pas à
identifier le chef, qui grommela, impuissant et le regard mauvais, en
enlevant sa cagoule. « Bon sang ! Jacques Motus !, s’écria le policier.
Le leader du gang des jumeaux ! ». Nous avions visiblement pêché un
gros poisson. C’est alors que les paroles saugrenues prononcées à
l’intérieur de la banque prirent tout leur sens. « Son frère s’appelle
sans doute Maurice, fis-je, sûr de moi ».
-Comment savez-vous ça ?
-Eh
bien c’est simple, Jacques ici présent l’a appelé « bec à rot ». Je
suppose que c’est en référence à Thierry Beccaro, le sémillant
présentateur du jeu Motus.
-Ceci ne m’explique pas comment vous avez trouvé le prénom, ajouta le policier, un peu agacé.
-Facile, il suffit de penser à Maurice… ou Momo Motus… comme dans le générique du jeu !
-... Ha oui, tiens, pas bête ! Bien joué !
-Merci.
Au
moment où nous tombions dans les bras l’un de l’autre, pour nous
féliciter mutuellement, sous les yeux ébahis de Jacques et du petit
pépé, le deuxième policier arrivait avec Maurice, menottes au poignet.
Il était temps pour moi de conclure cette histoire :
« Tout est bien qui finit bien, mais c’est pas tout ça, j’ai une moumoute de rechange à trouver ! ».
FIN.
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