22 mars 2009
Oui !
Aujourd'hui, un billet d'humeur musical !
Fantaroux
étant en grève, il m'a conseillé en attendant son retour d'écouter le
tout nouvel album des garçons d'animalerie, ceux que l'on appelle Pet
Shop Boys en temps normal. Il s'intitule "Yes" et sera en vente à
partir de demain chez tous les (bons) disquaires.
Il me l'a proposé,
dit-il, car les deux membres du groupe sont réputés pour leur pop
mélancolique, servie par des textes intelligents. Ce dernier mot m'a
particulièrement touché.
J'ai pensé que cela pourrait en
intéresser certains, d'autant plus que le groupe est fortement boudé
par les médias français qui préfèrent promouvoir les jeunes étoiles
montantes, et souvent filantes, de la variété ou nouvelle scène
française, parfois raporisée et r'n'bisée. Il est vrai que la pop
anglaise n'est pas vraiment diffusée par les radios françaises, qui ont
sans doute peur du ridicule qu'engendrerait une comparaison entre les
deux pays.
Autre avantage, les deux membres du groupe (Neil
Tennant et Chris Lowe) ont voulu faire un album "frais" et "positif"
(pour une fois), et c'est plutôt sympathique étant donné le contexte
actuel. Ce serait dommage de passer à côté.
Alors pour ceux
qui veulent écouter ce groupe à part, qui officie depuis 25 ans, et qui
a été fraîchement récompensé par un Brit Award pour sa "contribution
exceptionnelle à la musique", il suffit de cliquer sur les titres en
suivant ce lien.
L’avis rapide de Riton (aidé par Fantaroux) sur chacun des titres :
01. Love etc.
Premier
« simple » de l’album, très efficace avec sa belle mélodie et sa
réflexion bien sentie sur l’amour. « Don’t have to be beautiful, but it
helps ! ».
10/10
02. All over the world
L’hymne de
l’album, rythmé, entêtant et simple, avec de belles cordes et une
réhabilitation de l’ami Tchaïkovski en prime. Très loin d’être
casse-noisettes, ce titre !
09/10
03. Beautiful people
Johnny
Marr (ancien de The Smiths) à la guitare et à l’harmonica, et jolie
ballade à l’arrivée. Titre le plus « rock » de l’album.
08/10
04. Did you see me coming ?
La
chanson la plus simple de l’album, la plus pop. Son titre fait penser à
un film « olé-olé » et ses paroles sont rigolotes : «You don't have to
be in Who's Who to know what's what » et «
You don't have to be what's what to know who's who ». Vous noterez également le pont musical magnifique.
08/10
05. Vulnerable
Une
belle ballade, qui prend toute son ampleur après plusieurs écoutes. Un
personnage public peut-être vulnérable, et Neil Tennant le confirme en
comparant ce titre avec « Voyage Voyage » de Desireless !
09/10
06. More than a dream
Un
des titres les plus efficaces de l’album, tant au niveau des couplets
que du refrain. Il pourrait triompher dans les boîtes de nuit pour
jeunes délinquants.
10/10
07. Building a wall
Charmante
chanson, un peu expérimentale, faisant notamment référence au mur de
Berlin, et dialogue sympathique entre Neil et Chris : « Protection !
Prevention ! Detection ! Detention !
There's nowhere to defect to any more ! ».
09/10
08. King of Rome
Un nom puissant pour la chanson la plus douce de l’album, la plus planante. Les romantiques apprécieront.
08/10
09. Pandemonium
La
plus puissante de l’album, elle donne la pêche ! Le refrain est
délicieusement accrocheur, et on ne s’en lasse plus. Elle ferait un «
simple » idéal…
10/10
10. The way it used to be
Les mots me manquent pour décrire cette merveille.
10/10
11. Legacy
Le
générique de fin de l’album, avec ses percussions et son côté épique,
qui s’en prend en fait au dernier discours de Tony Blair en tant que
Premier Ministre.
09/10
Bilan : Un très bon cru, peut-être
moins léché musicalement que son prédécesseur plus sombre, Fundamental,
mais qui remplit parfaitement sa mission d'opus rafraichissant. Une
moyenne générale bien supérieure à celle de mes étudiants, qui feraient
bien de s'en inspirer !
Parlez-en autour de vous, Fantaroux sera content.
Riton.
18 mars 2009
Absentéisme (bis bis)
11 mars 2009
La route du Sud (2/4)
J’allais partir à la plage ! Ha ha ha ! En plein
mois de février ! Pendant que tout le monde se ridiculiserait au Grand
Bornand, à Super Besse ou à l’Alpe d’Huez, j’irais nager dans les eaux
bleues et tranquilles de la Méditerranée.
Ma place avait été
réservée pour le lendemain soir. J’avais fini par trouver un numéro de
téléphone grâce à la référence du minitel et j’étais tombé sur un homme
d’âge mûr et très poli qui m’avait donné tous les renseignements. Je
serais logé dans une luxueuse villa à deux pas de la plage, bien assez
grande pour contenir les trois enseignants ayant répondu à l’appel. Il
m’expliqua que l’annonce n’avait été que très peu répandue pour que les
plaisanciers en profitent un maximum. Sans doute était-ce aussi un peu
honteux d’y répondre, mais je n’avais rien à perdre… d’autant que le
prix était étrangement peu élevé pour un séjour de sept jours.
Bien
sûr, je trouvais cette histoire un peu louche. Un microclimat ? Y
avait-il une espèce de savant local assez fou pour avoir réalisé ce
rêve ? Bah, je verrais bien sur place. J’avais besoin de me changer les
idées, d’autant plus que mes recherches sur « les vaches aztèques et la
presse écrite des années 1900 » n’avançaient plus depuis des lustres.
J’étais au point mort et commençais à désespérer de trouver des témoins
à questionner. Si une tasse de verveine arrivait à me ragaillardir par
instants, un bon bol d’air me ferait le plus grand bien !
Le
soir, je préparais ma valise en prenant garde de ne rien oublier. Je la
refermais après y avoir glissé un maillot de bains moulant (rose
bonbon), des lunettes de soleil, un tube de crème solaire extra forte,
une moumoute de bain (comprenez par là une vieille moumoute usagée qui
ne risque rien), quelques serviettes, une chemise hawaïenne, une
chemise tahitienne, une chemise à carreaux, une chemise où j’avais
glissé quelques dissertations à corriger pour me donner bonne
conscience, un pantalon de golf (à la Tintin), un short, un bermuda,
quelques slips et chaussettes parmi les moins honteux de ma garde-robe,
une trousse de toilette, une trousse de secours, un stylo bille rouge
pour corriger les copies, un roman à l’eau de rose, un roman policier,
un gros pull pour les soirées fraîches, et quelques broutilles
supplémentaires. Le strict minimum.
Le soir, je préparais ma valise en prenant garde de ne rien oublier. Ah non, ça c’est déjà fait.
La
nuit, je rêvais que j’étais en pleine mer, entouré de sirènes et de
dauphins, en train de nager vigoureusement tel un athlète complet.
J’arrivais alors à la nage devant mes étudiants qui, eux, étaient à la
neige, frigorifiés avec leurs maillots de bain en me suppliant de leur
trouver des vêtements. Le plus véhément était le jeune Baptiste, qui
avait fait un exposé lamentable sur « la révolution de 1848 chez les
cigognes alsaciennes ». Et je riais, je riais, protégé que j’étais par
mon enveloppe de soleil.
Je riais encore, mais réellement
cette fois, en pensant à ce rêve idiot dans le train. Une vieille dame
acariâtre, sans doute une inspectrice des impôts à la retraite, me
regarda alors d’un œil mauvais, et je me sentis seul. Qu’à cela ne
tienne, me dis-je alors, en bon adepte des expressions bizarres… je
n’en ai plus pour très longtemps ! Dans deux heures, j’arriverai à la
gare de Coccinelle-la-Jolie, et on me conduira à la villa… à moi les
vacances !
A suivre…
04 mars 2009
La route du Sud (1/4)
Un beau jour, ou peut-être une nuiiiiiiiiiiit…
Pardon, je vais éviter de me prendre pour Barbara. Un beau jour, donc,
ou peut-être une nuit mais je ne pense pas car j’y voyais clair mais je
ne vais pas rentrer dans les détails sans cela je vais faire des
phrases à n’en plus finir et vous aurez le souffle coupé ce qui me
dérangerait énormément il faut bien le dire car je prends soin de mes
lecteurs même si j’en ai pas l’air à première vue et surtout s’ils sont
asmathiques, je me trouvais tranquillement chez moi, avachi sur un
fauteuil dépliant de luxe. Soufflez fort et reprenez la lecture dans
cinq minutes.
Nous étions en plein mois de février, au moment
des vacances scolaires. J’imaginais alors toute cette bande d’ahuris,
tous ces garnements qui me servaient d’élèves, s’en aller tout
guillerets, en chantonnant tels des oiseaux à l’orée du printemps,
faire du ski avec des amis, embarqués dans une 205 GTI tenant à peine
la route tant elle était usée. Aucune vision ne m’était plus atroce !
Je les voyais comme si j’y étais, sur les pistes avec leurs
accoutrements ridicules, qui les rendaient similaires à des bibendums à
bonnets, essayer de tenir tant bien que mal sur deux planches de bois
bricolées à la hâte dans la cabane du plus bricoleur de la bande, et
ponctuer chaque chute d’un deux par des rires gras. Le soir, les
garçons devaient lamentablement tenter de draguer les minettes autour
des tartiflettes et autres raclettes, et ces demoiselles les ignorer
platement, trop occupées à surveiller leur poids.
En pensant à
ce spectacle apocalyptique de la déchéance humaine, je déprimais à
moitié en avalant une camomille fortement infusée et très peu sucrée.
Je n’avais pas voulu délaisser ma verveine habituelle mais le
supermarché s’était retrouvé en rupture de stock la fois précédente.
Fortement infusé… heu, irrité… j’avais fait un scandale et j’étais
reparti avec de la camomille en me disant qu’en plus de verveine, je
n’avais pas de veine.
Enfin, vous voyez le topo, pendant que mes
paresseux élèves s’offraient du bon temps aux sports d’hiver alors
qu’ils n’en avaient pas besoin, moi je restais là à m’agacer à cause
d’une infusion. J’avais le moral dans mes chaussettes noires avec des
petites tâches vertes dessus.
Soudain, et si je dis soudain
c’est que ça m’est arrivé soudainement, sans prévenir, de manière
quelque peu inopinée et rapide, j’eus une idée de génie. Et pas la
petite idée d’Eugénie, une quelconque servante des bas quartiers, non.
Une grande idée, celle qui vous remonte le moral en moins de temps
qu’il ne faut pour le dire et ici pour l’écrire.
Je m’étais
rappelé d’une brochure ramassée à l’université, près d’une cafétéria,
un jour où la curiosité m’avait poussé à regarder ce tas de petits
papiers amassés n’importe comment.
A côté d’une invitation pour
une soirée dansante sordide qui donnait la part belle à l’alcool et aux
perdants (les britanniques disent loosers, ce me semble), se trouvait
ce papier intriguant. Il disait :
« Vous êtes
enseignants-chercheurs, enseignantes-chercheuses, et vous désirez
partir en vacances d’hiver ? La montagne vous répugne car vous ne
voulez pas côtoyer vos étudiants ?
Nous avons la solution ! Une
petite plage discrète, au microclimat paradisiaque, vous attend au bord
de la méditerranée ! N’hésitez-plus !
Pour plus d’informations, rendez-vous sur le 36 15 Chercheursplage ! »
L’époque
était encore au minitel, oui, et j’étais bien tenté de l’utiliser. Je
n’étais pas très à l’aise avec cette nouvelle technologie mais le
message était aguichant, d’autant plus qu’il était accompagné d’une
petite illustration du plus bel effet, montrant un paysage de mer
paradisiaque où deux amoureux se doraient la pilule au soleil. En
observant la demoiselle d’un peu plus près, je sus que ma décision
était prise…
A suivre...
