27 mai 2009
Madame Angéline (3/4)
Si l’annulaire est l’ami des mains, l’annuaire
est l’ami des malins ! C’est pour cette raison que je l’ouvris afin de
repérer le nom d’Angéline. Je l’avais évidemment retenu en même temps
que son prénom, mais je ne vous le dévoilerai pas pour des raisons
évidentes de discrétion et de respect de la vie privée. Sachez
simplement qu’elle ne s’appelait pas De Touraine, et heureusement car
la géline de Touraine n’est autre qu’une poule noire très laide.
C’était l’instant « documentaire » de l’histoire.
Le doigt
posé sur son numéro de téléphone, je décrochais mon combiné et
entendais bientôt Angéline m’adresser un splendide et inattendu :
« Allo ? »
-Allo, Angéline ? C’est Riton à l’appareil, je voulais te demander ton adresse, tu as oublié de me la donner tout à l’heure !
-Oh oui c’est vrai, excuse moi ! C’est au bip rue des bips !
-Parfait, merci, j’arrive dans 15 minutes !
-D’accord… mais j’y pense, où as-tu trouvé mon numéro de téléphone ?
-Dans l’annuaire, pardi !
-Ben alors, mon adresse est indiquée à côté du numéro, non ?
-… »
Je
prenais quelques instants pour digérer ma honte carabinée et oublier
les rires moqueurs de mon interlocutrice, et je filais en réajustant
une dernière fois cet insupportable col de chemise. Je ne me rendais
évidemment pas au bip rue des bips, mais à une adresse on-ne-peut-plus
normale. Vous aurez compris (sauf les plus atteints d’entre vous, et je
sais qu’ils existent) qu’une fois encore, je cache ce renseignement
pour des raisons évidentes de discrétion et de respect de la vie
privée.
Je m’étais tâté un moment pour savoir si je devais lui
amener quelque chose, mais je me disais que pour un exposé, ça pourrait
paraître louche. Je préférais donc y aller les mains vides, en espérant
ne pas commettre de nouvelles gaffes, ce qui serait déjà un beau
cadeau. A l’heure prévue, je sonnais à sa porte.
Elle m’ouvrait
alors, et je devenais tout rouge. Prise par le temps, elle sortait tout
juste de la douche et était venue m’ouvrir en peignoir, les cheveux
encore mouillés, et les pieds nus. Jamais elle ne m’avait paru autant
vulnérable, et jamais elle n’avait été aussi craquante. Si j’avais dû
me fier uniquement à mes hormones, et non à la raison, je lui aurais
très certainement sauté dessus, tel un mort-de-faim encore vivant pour
pouvoir sauter sur quelqu’un.
Elle me fit patienter dans le
salon, qui était dans la même pièce que la cuisine et la chambre, pour
ceux qui auraient oublié que nous étions tous les deux étudiants.
Pendant ce temps, elle finissait de se préparer, et surtout de
s’habiller, dans la salle de bains water-closets.
Ensuite, nous
parlâmes pendant plusieurs minutes des pédérastes spartiates, ce qui
aurait pu paraître étrange à quelqu’un qui aurait surpris notre
conversation sans savoir que c’était le sujet de mon exposé.
Une
fois les formalités estudiantines terminées, elle me proposa de rester
dîner. C’était une aubaine pour moi, et j’acceptai immédiatement,
derechef de cuisine, si je puis dire ! Conséquence de tout cela, je ne
tardais pas à avoir la gorge sèche et une boule au ventre permanente.
L’instant de vérité s’approchait…
A suivre...
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