Cette aventure, que je qualifierai de rocambolesque, prit sa source un beau matin d'été, à 11h59. Il était moins une pour qu'elle ne commence un beau midi d'été, mais ce détail, bien que pertinent, n'est pas très important.
La veille au soir, j'avais fêté mes retrouvailles avec Miguel Lama, le rugueux mais néanmoins sympathique saltimbanque local, avec qui j'étais parti récupérer quelques reliques pour l'Église dans Le Temple des Saints. Dignes de ce nom, les festivités nous avaient poussées à discuter avec les démons alcoolisés de minuit, et ce jusqu'au bout de la nuit. Du coup, je ne sais plus très bien si ce qui s'est passé ensuite est arrivé réellement, ou s'il est le fruit de mon imagination. En tout cas, une chose est sûre, tout est arrivé dans ma tête et mérite d'être raconté.

Pour une raison encore inconnue, Miguel se réveilla à mes côtés. J'ai beau me creuser les méninges, ou faire le ménage dans ma tête, je n'arrive toujours pas à comprendre comment il a atterri dans mon lit. Je pensais qu'il était rentré chez lui à quatre ou cinq heures du matin. Enfin bref, et pour couper court à toute attente, en prenant notre petit-déjeuner il me confia quelque chose :
"Tu sais, Riton, l'aventure humaine que nous avons vécue dans la forêt amazonienne, la dernière fois, était extraordinaire. Si je te dis que j'ai l'opportunité de retourner en Amérique du Sud, qu'en dis-tu ?
-Heu, j'en dis que c'est bien.
-Non mais, tu serais intéressé pour m'accompagner de nouveau ?
-T'accompagner toi ?
-Non, le pape ! Et on emmènera des petits enfants !
-Oh ne sois pas grossier, surtout envers le Saint-Père à qui nous avions rendu service en ramenant les reliques. C'est juste que tu me prends au dépourvu, je ne sais que dire, mon ami.
-Et tu ne me demandes pas ce qui me donne l'occasion d'y retourner ?
-Qu'est-ce qui te donne l'occasion d'y retourner ?
-Ah, tu vois quand tu veux. Eh bien, j'ai été intrigué par une note, trouvée dans les travaux de mon grand-père. Il mentionne une sorte d'eau miraculeuse, qu'il aurait dénichée dans la jungle, durant son enfance. Je me suis basé sur les quelques repères géographiques qu'il a laissés, et je pense avoir repéré l'endroit où elle se trouve. Si j'ai bien compris, elle est gardée par une peuplade d'autochtones que mon père a rencontrés, près de la petite ville de Cacataba. Ils sont pacifiques sous leur apparence bougonne, un peu comme moi en fait ! Alors, que dirais-tu de tirer cette affaire au clair ?"

Je dois avouer que ce récit me laissait pantois dans mes pantoufles. Le parfum de l'aventure s'était mêlé à l'odeur de ma verveine, et une certaine alchimie s'en dégageait. L'idée d'un voyage dépaysant et d'une découverte potentiellement énorme eut raison de moi. La période estivale m'offrait également la possibilité de partir sans prendre trop de retard sur mes travaux. Tous les feux étaient donc au vert, et Miguel et moi tombâmes d'accord. Nous partirions dans la semaine.

Le J-Jour au matin, pour traduire maladroitement et de façon comique le D-Day anglo-saxon, je rejoignais Miguel afin que l’on converge ensemble vers l’aéroport. Après s'être arrêté à un dernier feu rouge - les feux n'étaient pas tous au vert finalement -, le taxi nous déposa, Miguel, ma moumoute, moi, et nos bagages. Ma moumoute avait été raisonnable et n'avait emmené qu'un peigne, cela nous évitait de payait un supplément. Les Amériques allaient de nouveau avoir l’honneur de nous accueillir !
"Plein gaz, pilote !", m’écriai-je lors du décollage, provoquant l’hilarité des autres passagers...

A suivre...