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Riton Lacapuche, Historien moderne !
27 mai 2010

Les Autochtones de Cacataba (3/6)

Ô jungle, Ô puissante nature,
Prends pitié de nous, maigres colosses,
Et écarte de nous les animaux féroces,
Pour éviter qu’on leur serve de pâture...

Ainsi commença cette journée si importante. Je ne goûtai décidément pas les rimes de Miguel, qui n’était pas meilleur poète le matin que l’après-midi dans un autobus ; cependant, j’étais plutôt d’accord avec ses propos, je dois bien l’avouer.

En attendant les animaux, un petit déjeuner féroce nous attendait, composé qu’il était de tortillas d’esturgeons au piment, une spécialité locale. Cette curiosité gastronomique me mit en joie, et je partis la fleur au fusil, tel un malheureux soldat à l’orée de la Grande Guerre. J’espérais toutefois ne pas subir le même sort. Miguel, lui, semblait plus soucieux et il me confia qu’il avait mal dormi à cause de mes ronflements intempestifs.
Qu’à cela ne tienne, à 10h du matin heure locale, nous nous engouffrions dans la jungle, après avoir vérifié nos équipements une dernière fois. D’après Miguel, il serait possible de découvrir les autochtones dans la journée, mais la prudence nous avait poussé à emmener une tente. 

La journée nous sembla durer une éternité. Il fallut rapidement ôter la fleur du fusil pour venir à bout des dangereux prédateurs animaliers que Miguel avait pourtant essayé de repousser lors de son incantation matinale. Heureusement, il était meilleur tireur que poète et se chargea à ma place de vider les cartouches. Je m’en satisfaisais pleinement, préférant nettement le rôle de la tête à celui des jambes.
Nous retournâmes la carte de Miguel maintes et maintes fois, à la recherche d’un indice qui nous mettrait sur la piste éventuelle de la trace d’une présence des autochtones et de leur eau. En vin, pardon en vain.

Un décision solennelle, votée à main levée, fut prise à la tombée de la nuit. Par deux voix à zéro, nous décidâmes d’établir un campement et d’y faire griller quelques vivres pour nous restaurer.
Pendant que Miguel montait la tente après avoir allumé le feu, je lui mitonnais un petit plat dont j’avais le secret. Je m’étais en effet muni d’une petite poche isotherme afin d’emmener avec moi et de conserver des saucisses de Strasbourg achetées à un petit producteur local lors d’un colloque en Alsace, ainsi que tous les ingrédients nécessaires à la confection d’une choucroute garnie traditionnelle.
La jungle prit alors des allures de charmante petite chaumière française, tant les senteurs libérées par la cuisson nous comblaient de joie.

L’instant était magique. Nous aurions voulu arrêter le temps pour profiter à jamais des bouchées de choux, certes un peu abimé par le voyage, et des saveurs du plat. C’était sans compter sur notre mission, totalement mise de côté dans ce moment d’extase, mais qui se rappela très vite à notre bon souvenir.
En effet, nous vîmes avec effarement un groupe d’indigènes s’approcher de notre campement de fortune. J’étais un peu vexé qu’ils viennent interrompre la douceur de notre repas, et du coup j’oubliai d’avoir peur. Miguel, moins envouté par la choucroute que moi, fut plus prompt à réagir : "Ce sont eux ! s’écria-t-il. J’en suis sûr !"

A suivre...

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Riton Lacapuche, Historien moderne !
  • Riton Lacapuche, enseignant-chercheur réputé dans le monde entier, n’a pas son pareil pour résoudre un mystère ! Super-héros intellectuel, souvent incompris mais efficace dans l’action, il sait aussi travailler de temps en temps !
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