14 octobre 2009
Les taxes Hirouge
Que les malandrins qui croyaient que j’étais en
vacances s’auto-flagellent avec des orties campagnardes ! La raison de
ma longue absence est en réalité due à la rentrée universitaire, qui
offre son lot de difficultés insurmontables si l’on ne prend pas le
temps nécessaire pour les résoudre.
Outre les préparations de cours
– j’en ai prévu un de toute beauté sur le rôle du chiendent dans la
culture occidentale – et les problèmes administratifs à s’arracher les
cheveux - ou pour moi à se décoller la moumoute – j’ai été sollicité à
plusieurs reprises par ma hiérarchie afin de donner mon avis sur
différentes questions.
La dernière sollicitation en date, qui
est l’objet de mon intervention du jour, fut celle de celui qu’on
appelle le doyen du département d’Histoire, en raison de son âge avancé
d’abord, mais aussi et surtout parce qu’il est le directeur de l’unité
de formation et de recherche (UFR), et donc qu’il ne faut pas rigoler
avec lui sinon pan-pan fesses-fesses. Enfin, ceci était surtout vrai il
y a quelques années car depuis quelques temps, il perd un peu la tête.
Toujours
est-il que, fort de son autorité et de son prestige, Fernand Hirouge,
c’est son nom, abordât avec confiance son dernier entretien avec moi.
Il voulait me présenter sa dernière idée de réforme, une parmi tant
d’autres que nous appelons entre collègues les taxes Hirouge, car nous
trouvons cela drôle. Oui, nous nous contentons parfois de peu.
Croyant
qu’il faisait appel à moi pour mon expérience et mon génie connu de
tous, je dus rapidement déchanter, ce qui est évidemment une image
étant donné que je ne chante jamais en sa présence, et je chante
d’ailleurs très peu, même quand je suis seul. Mais je m’égare
d’Austerlitz.
S’il m’avait convoqué dans son bureau, c’est parce que
sa dernière idée me concernait de près. En effet, sa dernière lubie
était d’interdire tout accessoire de beauté dans l’enceinte de
l’université, et ce disait-il pour « appliquer la transparence du monde
politique au monde universitaire ». En d’autres termes, il voulait que
tout le monde assume sa personnalité, y compris son physique. Finis le
rouge à lèvre pour les enseignantes, les lentilles pour les myopes, et
a fortiori la moumoute pour Riton. Telles étaient entre autres ses
volontés. Les réfractaires au règlement se verraient obligés de payer
une taxe de cinq euros par jour, plus un paquet de gâteau pour son
goûter de seize heures.
Vous comprendrez alors mon indignation à
l’idée de me promener nu-tête dans les couloirs, ou d’acheter des
petits Lu à un grand-père. Sous le coup de la colère, je me mis à lui
dire qu’il était totalement à côté de la plaque, que sa décision était
despotique et qu’il se permettait ça parce qu’il était laid comme un
poux, qu’il n’avait plus un poil sur le caillou, et qu’il n’était du
coup pas choux du tout.
Il se mit alors en boule, tel Sonic le
hérisson, que je ne connais pas mais que mes étudiants ont en mémoire,
et il m’expliqua que ce retour au naturel, en vogue avec le mouvement
écologiste actuel, était nécessaire pour une bonne image de
l’université. Je compris alors qu’il était complètement décati et gaga,
telle Lady, que je ne connais pas mais que mes étudiants n’arrêtent pas
d’écouter.
Je décidai alors de mettre un terme à notre discussion,
en sachant de toute manière que son idée ne serait jamais acceptée par
les membres du conseil d‘administration de l’université, que je ne
connais pas, et mes étudiants non plus.
Pour bien terminer, je
décidai de lui envoyer cette merveilleuse réplique dans les oreilles,
sans passer par la Poste : « Vous me comparez à une cruche ayant besoin
de s’immerger, et vous faîtes bien car tant va la cruche à l’eau qu’à
la fin elle se casse ! ». Et je partis, le laissant bouche-bée dans ses
babouches.
Je viens d’apprendre que suite à cette proposition,
le doyen a été envoyé en maison de retraite. Giscard, Balladur et
Jacques Balutin vont en baver, ayons une pensée pour eux.
FIN.
24 juin 2009
Le postiche (3/3)
Finalement, je décidais de soudoyer un gamin
niais qui passait par là avec son ballon. Je lui glissais un petit
billet dans la poche en lui disant qu’il en aurait un autre s’il
envoyait son ballon dans la fenêtre de Basile Tondu, et restait ensuite
près de la porte. « C’est pour faire une blague à un copain », lui
dis-je. Le petit imbécile goba mon histoire et s’exécuta ! Caché
derrière une poubelle, j’attendais la suite des événements. Oui, pour
l’héroïsme on repassera mais je vous dis zut.
La porte ne tarda
pas à s’ouvrir et Basile Tondu sortit dans la rue, visiblement très
énervé. Je le reconnus à sa voix mélodieuse et à sa corpulence, c’était
bien le voleur de moumoutes ! Tout se passait plutôt bien, autrement
dit il s’était mis à la poursuite du petit gamin qui avait pris peur en
le voyant, quand soudain ce dernier signifia à Tondu que c’était « le
monsieur caché derrière la poubelle qui lui avait demandé d’envoyer le
ballon ». L’idiot ! Tondu détourna son regard vers moi, juste au moment
où je m’apprêtais à entrer chez lui à la recherche de preuves. Coincé,
je m’apprêtais à passer un sale quart d’heure car l’homme m’avait
reconnu et commençait à retrousser ses manches…
Coup de pot
(d’échappement), nous entendîmes une voiture déambuler à toute vitesse
dans la rue, c’était la police ! Le visage de Tondu passa de la colère
à la peur, et il commença à détaler comme un lapin en criant : « Chauve
qui peut ! ».
C’était de circonstance. Il était lui-même
totalement dégarni, ce qui ne fut plus mon cas quand la police me
rendit ma moumoute, après avoir rattrapé le gredin. David récupéra
également la sienne, et nous retrouvâmes un peu de standing. Quant à
l’horrible petit gamin, il eut le toupet de venir me réclamer le
deuxième billet que je lui avais promis, et je dus me résigner à lui
donner. Il me signala que mes cheveux avaient repoussé rapidement, ce
qui fit rire les policiers.
Mais venons-en au fin mot de
l’histoire, avant d’écrire le mot fin. Basile Tondu avait été atteint
très tôt de calvitie lui aussi, sauf qu’il était légèrement dérangé. Il
s’était mis dans la tête qu’il fallait laisser faire la nature et
rester chauve, et pour cette raison il ne s’était rien mis sur la tête.
Il avait alors développé une haine féroce contre tous les porteurs de
moumoutes et autres postiches, et il avait souhaité éradiquer ces
objets du démon de la surface du globe. Pendant plusieurs années, il
avait observé les passants et savait sans se tromper reconnaître une
moumoute perdue dans une foule de cheveux véritables. C’était une sorte
de sixième sens chez lui.
Nous trouvâmes dans sa chambre des
posters de Jean-Pierre Coffe, Fabien Barthez et Monsieur Propre, ainsi
que d’autres moumoutes volées, qui furent envoyées aux objets trouvés.
Le
comble pour ce pauvre homme, c’est qu’il avait un cheveu sur la langue
et un nom sujet aux moqueries et aux sobriquets, tels crâne d’œuf ou
crâne d’obus. Quelques jours plus tard, il fut interné et nos moumoutes
purent à nouveau vivre en paix. J’avais une fois encore permis la
résolution d’une enquête improbable, et mes faux-cheveux en
frisottaient de plaisir !
FIN.
18 juin 2009
Le postiche (2/3)
Halte-là malandrin ! C’est de cette manière que
je décidai de l’interpeller. L’homme, un peu surpris par mon
anticipation, se reprit vite ! Après m’avoir répondu qu’il préférait
qu’on l’appelle paltoquet, l’insolent personnage s’approcha de ma
moumoute. Nous nous empoignâmes alors, tels deux gladiateurs antiques
s’apprêtant à lutter jusqu’à la mort. Nous n’allâmes pas jusque-là. En
effet, le gros machin était costaud et il m’envoya valdinguer à l’autre
bout de la rue, après m’avoir mis un gauche. Pardonnez mon langage peu
soigné, mais je suis encore sous le coup de l’émotion. Ma moumoute
n’ayant pas résisté au choc, il l’empoigna et se mit à courir en la
brandissant tel un trophée.
Piqué au vif, je me relevai en un
clin d’œil, et commençais la poursuite. Ha ha, il ne savait pas que
j’avais gagné la course à pied de mon collège, quand j’étais adolescent
! De plus, s’il était robuste, il peinait un peu à se traîner. Cela
n’empêcha pas cet animal de me semer (ma jeunesse est quand même assez
lointaine) au bout de quelques minutes, et je le perdis de vue à
l’angle d’une petite rue. Il était très certainement entré dans l’une
des habitations avoisinantes.
J’avisais alors une cabine
téléphonique, appelais à mon bureau dans lequel, par chance, David se
trouvait déjà, et lui disais de me rejoindre de toute urgence rue des
rasoirs, avec la police. Tout en raccrochant, fier de mon ingéniosité,
je me disais qu’il faudrait que j’investisse un jour dans ce que mes
congénères appellent un portable avant que ces braves cabines
salvatrices ne disparaissent à jamais dans les abîmes de notre société
corrompue et malfaisante, et non je n’en fais pas trop.
Après
cette réflexion personnelle aussi intéressante qu’un week-end à
Vierzon, je décidais de ne pas rester inactif et de commencer à
chercher seul la maison dans laquelle mon agresseur avait pu trouver
refuge. J’entrepris alors de lorgner sur toutes les sonnettes, avec
l’idée un peu folle que les noms que j’y lirais m’aideraient. Jeanne
Chanterelle, Hector Gentil, Didier Lamouche et Yvette Paupiette
n’avaient pas des noms de bandits. Soudain, mon sang ne fit qu’un tour
lorsque je m’arrêtai devant le numéro 41. « Hum, Basile Tondu, rue des
rasoirs, voleur de moumoutes… tu brûles, Riton, tu brûles ! »
Je
sais bien qu’au même titre que l’habit ne fait pas le moine, le nom ne
fait pas le larron, mais quand même, la coïncidence était troublante. «
Tant pis, j’entre ! », me dis-je alors, en sachant que je prenais le
risque de pénétrer chez un brave homme et d’avoir l’air ridicule, ou
bien de tomber nez-à-nez avec un gros costaud patibulaire. J’avoue que
la deuxième perspective m’enchantait moins…
Ceci étant dit, si
la coïncidence était frappante, je me devais d’entrer sans frapper. En
effet, je pouvais difficilement sonner à la porte maintenant qu’il
avait vu mon visage. J’aurais pu essayer d’enrouler mon écharpe autour
de mon crâne chauve et me faire passer pour un fakir indien, mais cela
n’aurait pas collé. Primo, l’homme ne m’aurait sans doute pas laissé
rentrer, deuxio, je n’avais pas de planche à clous pour me rendre
crédible et tertio, ce n’était pas très discret.
Une autre idée
était d’aller chercher une échelle pour grimper sur le toit et passer
par une petite lucarne entrouverte. Mais ça, c’était bon pour les films
et leurs cascadeurs.
La dernière idée était plus sûre puisqu’elle
consistait à attendre sagement l’arrivée de David et de la police, mais
je ne pouvais m’y résoudre. Je devais tenter quelque chose… cette
histoire avait réveillé mon instinct d’aventurier si peu perceptible en
temps normal, et je me sentais l’âme d’un héros.
A suivre...
10 juin 2009
Le postiche (1/3)
Vous n’êtes pas sans savoir que j’ai en ma
possession une moumoute, de premier choix d’ailleurs, importée de chez
de Raoul Poileucaillou, le spécialiste des faux-cheveux installé à
Montaxy. Ce postiche fait désormais partie de moi, et il est du reste
devenu un des signes caractéristiques de ma personnalité. Riton
Lacapuche, c’est un enseignant-chercheur, un cœur qui bat, deux jambes
et autres calembredaines anatomiques, mais avant et par-dessus tout une
moumoute !
Bien sûr, j’ai essayé de la dissimuler comme j’ai pu au
début, comme tout néophyte de la postiche qui se respecte. C’était sans
compter sur les coups de vents intempestifs, les tempêtes venteuses, ou
les jours de distraction, qui bien des fois me firent arriver à la
faculté avec la moumoute de travers ou à l’envers.
Depuis, j’ai
appris à vivre avec, et elle me sert d’arme psychologique. Parfois,
certains étudiants, horrifiés, la voient hanter les couloirs de
l’université, la veille d’un cours avec moi, et ils s’enfuient
épouvantés. « Houuuuu, je suis la moumoute de Ritooooooooon, je veille
à ce que tu prépares bien ton exposéééééé, vil cheveluuuuuu ! » Le
délire de mes étudiants drogués va parfois très loin.
Si je vous
parle de ma moumoute de luxe, l’élément primordial de mon apparat
personnel, c’est parce que cet objet est au centre de l’enquête que
l’on m’a confiée pendant les grèves. Eh oui, pendant que mes étudiants
saugrenus et certains de mes confrères manifestaient dans la rue, le
brave et honnête citoyen que je suis aidait un contemporain dans
l’embarras.
David Maramille, un jeune collègue rencontré lors d’un
colloque sur les aspirateurs mexicains à ventricule réfrigérant, a lui
aussi investi très tôt dans un postiche, suite à un problème persistant
de chute des cheveux, rencontré par un grand nombre de malheureux dont
on ne parle pas assez. Or, il y a bientôt deux mois, alors qu’il
marchait tranquillement dans la rue, un agresseur plein de graisse
l’agressa. Le gros malfrat, dissimulé derrière un masque, lui arracha
sauvagement la moumoute et, pris d’un rire démentiel, il s’enfuit à
vive allure.
Le hasard avait fait que ce crime avait été commis
à quelques pas seulement de chez moi. David s’était alors empressé de
venir me raconter ce qui s’était passé. En bon camarade, je lui prêtais
une moumoute de rechange et lui promettais de l’aider à retrouver son
bien.
Qui pouvait bien s’intéresser aux moumoutes plus qu’aux portefeuilles ? Le mystère était entier.
Le
lendemain, je faillis recracher ma verveine sur mes tartines beurrées.
Je venais de découvrir dans le journal qu’un autre vol de moumoute
avait eu lieu dans la même journée. L’homme masqué et son embonpoint
avaient récidivé ! La victime était un présentateur de télévision que
je ne peux voir ni en peinture, ni à l’écran, et je me disais que ça
lui était bien fait, ce qui est mal mais humain. Tout de même, me
disais-je, cela devient grave. Je commençais même à m’inquiéter pour ma
propre moumoute. Après avoir rassuré cette dernière en lui donnant un
coup de peigne, je finissais de me préparer et partais pour mon bureau
à l’université, que nous avions décidé de transformer en QG avec David,
le temps des grèves. J’emportais le journal avec moi, en espérant qu’il
nous aiderait dans notre enquête.
Le temps dehors était
agréable, mais le vent soufflait assez fort, et ma moumoute était
repérable, ce qui ne me rassurait guère par les temps qui courraient,
ou au vu du climat du moment, comme vous voulez, mais assez parlé de
météo.
Alors que j’approchais du campus universitaire, je vis
soudain s’approcher de moi un gros plein de soupe, affublé d’un masque
de carnaval… j’allais devoir jouer serré…
A suivre…
03 juin 2009
Madame Angéline (4/4)
Nous profitâmes du repas pour faire plus ample
connaissance, et j’étais heureux de constater que le courant passait
plutôt bien entre nous. Des mots diverses et variés se glissèrent dans
la conversation, comme par exemple parents, chien, naissance, ciseau,
serpillère, moderne, rideau, Marx, voiture, URSS, alcool, col de
chemise, pédérastie, infusion, contemporaine, Johan et Pirlouit,
caissière, lampe torche, cerf-volant, aérosol, spartiate, Elvis
Presley, amphithéâtre, chocolat, papillon, ancienne, Michel Drucker,
pelouse, exposé, ceinturon, avenir, photographie, Tintin, saucisson,
médiévale, aérogare, mouchoir, allumettes, rhododendron, frisottis et
bien d’autres qui pourraient remplir la page entière et terminer
l’histoire si j’étais fainéant.
Au fur et à mesure que nous
mangions, et surtout qu’elle me servait à boire alors que je n’avais
pas vraiment l’habitude de l’alcool, nos langues se déliaient. Quand la
soirée fut bien avancée, d’autres mots se glissèrent dans la
conversation, tels que amour, copain, copine, célibataire, aussi,
tiens, rigolo, toi, moi, intéressant.
Cette histoire aurait pu
bien se terminer, c’était même mon souhait le plus cher. J’aurais fini
par l’embrasser tendrement, elle aurait fait la même chose, nous nous
serions retrouvés dans le même lit, à deux mètres de la table de
cuisine, à faire des choses que beaucoup prennent plaisir à faire. Nous
aurions ri, nous nous serions échangés de petits regards complices, et
puis on se serait séparé le lendemain, le cœur en fête, avec un
prochain rendez-vous déjà en tête, dont on ne connaissait pas l’issue
mais ça n’avait pas d’importance.
Malheureusement, la vie n’est pas toujours bien faite et les contes de fée sont parfois vite terminés.
Pour
qu’il y ait fusion, il faut deux éléments. Or, Angéline n’en avait pas
envie. J’eus beau lui déclarer ma flamme, certes maladroitement, elle
me répondit qu’elle n’était pas intéressée, à part bien sûr pour une
amitié.
Peut-être aurait-elle été d’un autre avis si j’avais su
lui exprimer tout ce que je pouvais ressentir, mais ça m’était
impossible. Je n’aurais jamais pu trouver de mots assez forts. Alors je
dus me résigner, et je sus qu’il me faudrait l’oublier, et attendre
encore, peut-être une éternité, avant d’éprouver de nouveau une telle
sensation.
Je ne pouvais pas la forcer, mais j’étais dévasté.
Quelques semaines plus tard, elle se trouva quelqu’un. Nous nous sommes
perdus de vue. Mais je sais qu’ils vécurent heureux, c’est le journal
qui me l’a appris.
Cet homme qui avait pris ma place, et que j’avais
tellement envié, cet homme se retrouvait maintenant veuf. Si cet
épisode m’est revenu, c’est pour cela. J’ai lu ça ce matin. La maladie
s’est une fois de plus insérée dans la rubrique nécrologique.
Avec
le temps, j’avais fini par ne plus souffrir, mais cette nouvelle me
rappelle à côté de quoi je suis passé. Combien de fois ai-je pu la
revoir, m’ouvrir la porte de chez elle en peignoir ?
J’ai longtemps
attendu d’éprouver une sensation similaire envers quelqu’un d’autre,
j’ai longtemps espéré… mais je commence à croire que ça ne viendra
jamais…
Si un jour vous croisez un enseignant-chercheur dans la
rue, qu’il ressemble à l’un de ces bonshommes qui tiennent des blogs
sur internet, et que vous distinguez sur son crane une de ces choses
artificielles qui masquent la calvitie… peut-être aurez-vous alors, un
peu de compassion ?
FIN.
27 mai 2009
Madame Angéline (3/4)
Si l’annulaire est l’ami des mains, l’annuaire
est l’ami des malins ! C’est pour cette raison que je l’ouvris afin de
repérer le nom d’Angéline. Je l’avais évidemment retenu en même temps
que son prénom, mais je ne vous le dévoilerai pas pour des raisons
évidentes de discrétion et de respect de la vie privée. Sachez
simplement qu’elle ne s’appelait pas De Touraine, et heureusement car
la géline de Touraine n’est autre qu’une poule noire très laide.
C’était l’instant « documentaire » de l’histoire.
Le doigt
posé sur son numéro de téléphone, je décrochais mon combiné et
entendais bientôt Angéline m’adresser un splendide et inattendu :
« Allo ? »
-Allo, Angéline ? C’est Riton à l’appareil, je voulais te demander ton adresse, tu as oublié de me la donner tout à l’heure !
-Oh oui c’est vrai, excuse moi ! C’est au bip rue des bips !
-Parfait, merci, j’arrive dans 15 minutes !
-D’accord… mais j’y pense, où as-tu trouvé mon numéro de téléphone ?
-Dans l’annuaire, pardi !
-Ben alors, mon adresse est indiquée à côté du numéro, non ?
-… »
Je
prenais quelques instants pour digérer ma honte carabinée et oublier
les rires moqueurs de mon interlocutrice, et je filais en réajustant
une dernière fois cet insupportable col de chemise. Je ne me rendais
évidemment pas au bip rue des bips, mais à une adresse on-ne-peut-plus
normale. Vous aurez compris (sauf les plus atteints d’entre vous, et je
sais qu’ils existent) qu’une fois encore, je cache ce renseignement
pour des raisons évidentes de discrétion et de respect de la vie
privée.
Je m’étais tâté un moment pour savoir si je devais lui
amener quelque chose, mais je me disais que pour un exposé, ça pourrait
paraître louche. Je préférais donc y aller les mains vides, en espérant
ne pas commettre de nouvelles gaffes, ce qui serait déjà un beau
cadeau. A l’heure prévue, je sonnais à sa porte.
Elle m’ouvrait
alors, et je devenais tout rouge. Prise par le temps, elle sortait tout
juste de la douche et était venue m’ouvrir en peignoir, les cheveux
encore mouillés, et les pieds nus. Jamais elle ne m’avait paru autant
vulnérable, et jamais elle n’avait été aussi craquante. Si j’avais dû
me fier uniquement à mes hormones, et non à la raison, je lui aurais
très certainement sauté dessus, tel un mort-de-faim encore vivant pour
pouvoir sauter sur quelqu’un.
Elle me fit patienter dans le
salon, qui était dans la même pièce que la cuisine et la chambre, pour
ceux qui auraient oublié que nous étions tous les deux étudiants.
Pendant ce temps, elle finissait de se préparer, et surtout de
s’habiller, dans la salle de bains water-closets.
Ensuite, nous
parlâmes pendant plusieurs minutes des pédérastes spartiates, ce qui
aurait pu paraître étrange à quelqu’un qui aurait surpris notre
conversation sans savoir que c’était le sujet de mon exposé.
Une
fois les formalités estudiantines terminées, elle me proposa de rester
dîner. C’était une aubaine pour moi, et j’acceptai immédiatement,
derechef de cuisine, si je puis dire ! Conséquence de tout cela, je ne
tardais pas à avoir la gorge sèche et une boule au ventre permanente.
L’instant de vérité s’approchait…
A suivre...
20 mai 2009
Madame Angéline (2/4)
« Salut… Riton, c’est bien ça ? dit-elle.
-Oui Angelénine, heu Angéline.
-Wouah, tu connais mon prénom ?
-Oui, heu, je l’ai retenu quand tu es passée en exposé. Tu avais été formidable.
-Ah, merci ! Justement je voulais te parler de ça ! C’est bien toi qui es passé hier ?
-Oui, tout-à-fait.
-Je n’ai pas pu venir et, heu, je voulais savoir si tu pouvais m’aider à rattraper en me donnant ton texte.
-Ah bon, tu n’étais pas là ? Et pourquoi ? Heu je veux dire quel dommage ! Bien sûr que je peux te donner mon texte.
-Hi hi hi. Très bien, alors. Tu l’as sur toi ? Sinon tu peux passer chez moi à l’occasion, je n’habite pas très loin d’ici.
-Ah, je veux bien car je l’ai laissé sur mon bureau.
-OK. Ben passe ce soir si tu veux, vers 19h ça te va ?
-Oui,
très bien, merci, heu super. J’aurai fini mes recherches sur les
anticonformistes péruviens du Bengladesh en 1923, d’ici là ! Je préfère
de loin la période contemporaine à l’ancienne ! Un jour je serai
professeur !
-Ha ha, ok ! Eh bien à tout à l’heure !
-Oui. »
Inutile
de vous dire que je n’étais pas fier de moi. Non seulement j’avais
bafouillé comme un mouflon sans corne devant elle, mais en plus je lui
avais menti effrontément puisque j’avais encore le manuscrit de mon
exposé dans mon sac. Seulement, l’occasion était trop belle de la
côtoyer en dehors de la fac, chez elle qui plus-est ! Au diable
l’honnêteté pour une fois, me disais-je !
Je rentrais chez moi
peu avant 18h pour avoir bien le temps de me préparer. Quelques coups
de peigne sur mes cheveux véritables plus tard, je n’avais pas encore
de moumoute à l’époque, bénie soit-elle (l’époque, pas la moumoute), je
passais des vêtements propres, ajustais mon col, nettoyais mes
lunettes, réajustais ce satané col, mettais du « sent-bon » et
m’apprêtais à partir chez elle.
Soudain, mon sang ne fit qu’un
tour ! Ce n’est pas parce qu’il était fatigué, non, mais je venais de
me rendre compte que dans le feu de la conversation, j’avais
complètement oublié de lui demander où elle habitait. Elle aussi
d’ailleurs, avait oublié de me préciser son adresse, ce qui était un
peu idiot mais prouvait qu’elle était bien humaine, et qu’elle ne
venait pas de la planète Mars pour séduire les jeunes étudiants afin de
les étudier pour les services secrets de sa région.
Je me
voyais déjà en haut de l’affiche, en dix fois plus gros que n’importe
qui mon nom s’étalait. J’arrête là la digression sur Aznavour, c’était
juste pour voir si vous suiviez, et juste pour vous mettre cet air
enquiquinant dans la tête, hi hi, le Riton se fait farceur quand les
beaux jours arrivent.
Bref, je me voyais déjà, à notre prochaine
rencontre que j’espérais imminente, nous fourvoyer en excuses
lamentables et reporter notre rendez-vous, en prenant soin de ne pas
oublier l’adresse cette fois-là… Non, il me fallait trouver autre chose…
A suivre...
13 mai 2009
Madame Angéline (1/4)
Je n’ai jamais été très loquace sur ma vie
sentimentale, pour la simple raison que celle-ci n’a jamais été très
étoffée. La fleur de l’âge, celle de ma jeunesse, ne fut pas une rose
magnifique mais plutôt un cactus hostile, si vous voyez ce que je veux
dire. C’est au cours de ces années où je n’étais encore qu’un simple –
mais talentueux – étudiant, qu’une rencontre universitaire changea mon
existence à jamais, pour la vie, et jusqu’à ce que mort s’en suive.
Elle
s’appelait Angéline, et je tiens à dire de suite qu’elle n’était pas
issue d’un croisement barbare entre Michel-Ange et Line Renaud, même si
elle roulait dans une voiture de cette marque. Evidemment, ça en jetait
moins que d’autres modèles plus luxueux, mais ça n’avait pas
d’importance. C’était sa simplicité qui me charmait, tout comme son
sourire, ses yeux coquins, ses cheveux toujours bien en place, sa fine
bouche et son front populaire… tout chez elle frôlait la perfection.
Le
jeune garçon que j’étais à l’époque, peu sûr de lui à part pour les
choses de l’Histoire, était troublé par sa personnalité, sa joie de
vivre, sa beauté extérieure et intérieure. En un mot, enfin en un
verbe, elle m’attirait.
Durant mon adolescence, je n’avais pas
suivi le chemin qu’empruntent la plupart de mes collègues masculins.
J’étais resté seul dans mon coin, tout timide que j’étais, et personne
n’avait réussi à me faire sortir de ce cocon. Aucune demoiselle ne
m’avait assez émoustillé pour que je franchisse le pas, et je regardais
avec dégoût et indifférence, tous ces beaux-parleurs mâles qui
n’avaient qu’une envie, tenir la main d’une jolie femelle.
Cette
sensation, je la ressentais enfin. Je comprenais alors pourquoi tous
les tombeurs de ces dames me paraissaient idiots et détestables au
lycée. Jamais auparavant, ma pensée n’avait été accaparée de la sorte
pour quelqu’un, à tel point que je me sentais mauvais dans tout ce que
j’entreprenais. Je ne cessais de penser à elle. Le matin sous la
douche, je l’imaginais avec moi. Elle partageait également mon
petit-déjeuner, m’accompagnait dans le bus et s’abritait avec moi sous
un parapluie en arrivant à la fac. Si Angélique était marquise des
anges, Angéline était la marquise de mes songes.
Nous ne nous
étions jamais vraiment parlé. Je me contentais de m’asseoir non loin
d’elle, en classe, lorsque sa présence était bien réelle. J’avais
retenu son nom lorsqu’elle était passée au tableau pour un exposé. Son
éloquence m’avait ébloui, et en dix minutes, j’étais devenu incollable
sur les philosophes antiques de Phrygie Hellespontique, ce qui était un
bel exploit de sa part tant ce sujet pouvait me barber. Depuis, je me
suis rasé, mais cette période continue de m’ennuyer.
Vint
ensuite le jour où je dus présenter à mon tour mon travail d’exposé.
J’avais hérité d’un magnifique sujet sur la pédérastie spartiate, et je
m’étais entraîné deux jours durant, afin d’être le meilleur possible le
jour J. Ce n’était pas vraiment pour les yeux du prof teigneux et
désagréable qui devait nous noter, mais pour ceux d’Angéline, que
j’espérais impressionner secrètement. C’était l’occasion rêvée pour me
mettre en avant et tâcher de lui taper dans l’œil, sans lui faire trop
de mal bien évidemment.
Ce fut un moment exécrable. Ma note finale
fut bonne et la classe entière fut impressionnée, mais je m’en fichais
éperdument. Angéline n’était pas venue…
Le lendemain, encore
déçu par cette fatalité désopilante, je me rendais à la bibliothèque,
le cœur triste. C’est alors que je la vis, assise seule à une table, et
que je faillis tomber dans les pommes lorsqu’elle me sourit, et me fit
signe d’approcher…
A suivre...
06 mai 2009
La route du Sud (4/4)
« Ha ha ha ! On savait que tu mordrais à
l’hameçon ! », répéta Arthur, qui commençait à radoter à cinquante ans
à peine. J’étais bien triste pour lui mais je lui répondais qu’il
l’avait déjà dit, et qu’au surplus nous n’étions pas à la pêche.
« Ha ha ha ! fit-il. Tu fais pourtant un gros poisson… ou plutôt… un sacré pigeon ! »
Il
commençait à m’énerver avec ses « ha ha ha ! » à répétition, et son
humour idiot. Gontran, qui me connaissait depuis plus longtemps, s’en
aperçut et proposa de me conduire jusqu’à la chambre où je devais
loger.
« J’emmène le poisson-pigeon de Coccinelle dans sa chambre !
-Ha ha ha ! »
En
chemin, il m’expliqua toute la supercherie. Il avait hérité de cette
magnifique demeure depuis peu, et avec le concours d’Arthur, il avait
décidé de me jouer un tour. Etant donné qu’il savait que j’étais un des
seuls enseignants-chercheurs à regarder, souvent par dépit, les
différentes brochures publicitaires près des machines à café, il avait
fait glisser un prospectus mensonger près de la machine de mon
département (pas le géographique mais l’universitaire, hein, je dis ça
pour les ignares), en espérant attirer mon attention.
C’était réussi
et, bien qu’un peu vexé de m’être fait rouler comme un débutant, je
finissais par prendre cela à la rigolade, et je me disais que,
finalement, cette semaine de vacances ne serait pas plus désagréable
qu’une autre, en compagnie de ces deux farceurs des Carpates.
Effectivement,
je ne fus pas déçu. Il se trouve que Gontran avait équipé la villa de
fort belle manière, et qu’elle offrait un confort des plus
confortables, et un plaisir des plus plaisants pour les plaisanciers
que nous étions.
La fin de cette première journée, nous la
passâmes à jouer au billard, ce qui nous donna l’occasion de réutiliser
nos vieilles queues. Ce fut très sympathique.
Le lendemain soir,
nous profitâmes de la piscine chauffée qui se trouvait à l’intérieur de
la villa. Je me revois, avec mon maillot rose bonbon, poursuivre à la
nage mes deux chapardeurs de compères qui avaient chipé ma moumoute de
bain. Plus agréable, je me souviens également des trois jolies
créatures que Gontran avait eu la bienveillance de faire venir à nos
côtés, et qui auraient appris à nager à un manchot cul-de-jatte ayant
peur de l’eau. Vous excuserez cette remarque grossière, mais elle me
permet de ne pas évoquer les événements encore plus grossiers qui se
produisirent en fin de soirée. Ils nous donnèrent eux aussi l’occasion
de réutiliser nos… enfin, heu, hum, voilà voilà, hé hé.
Chaque
jour passa très vite, tant nous nous amusions. Un après-midi, alors que
je sirotais tranquillement une verveine au bord de la piscine, vêtu de
ma chemise hawaïenne et de mes lunettes de soleil, comme dans les
films, j’en profitais pour discourir de mes recherches sur les vaches
aztèques avec Arthur, le spécialiste des vaches laitières des plaines
du pôle sud, comme chacun sait s’il suit ce blog. De bon conseil,
l’homme me redonna vite confiance. Je me permis d’ailleurs une petite
blague, en espérant lui arracher un de ses « ha ha ha ! » dont il a le
secret. Bien lancé, et sûr de mon jeu de mot, je lui confiais que
j’étais heureux d’être venu en train pour retrouver deux
boute-en-train.
Cela ne le fit pas rire. Bah, ce n’était pas cet échec qui allait freiner mon entrain, si j’ose dire.
Le
moment tant redouté des adieux arriva. Je remerciais mes deux collègues
pour ce séjour étonnant et inoubliable à Coccinelle-la-Jolie.
Ragaillardi, j’étais fin prêt à retrouver mes étudiants.
Le
lendemain, je donnais un cours à une bande d’hurluberlus, qui étaient
tous bronzés du visage sauf au niveau des yeux, et qui sentaient encore
le fromage fondu.
FIN.
29 avril 2009
La route du Sud (3/4)
Coccinelle-la-Jolie est un village qui
mériterait, à l’instar de Grateloup, Cassaniouze ou Arnac-la-Poste, de
figurer dans l’Association des communes de France aux noms burlesques
et chantants, authentiquement fondée en 2003. Malheureusement, lorsque
je mis les pieds sur le sol coccinellien, je dus très vite déchanter.
La pluie et le froid étaient arrivés avec moi… Une chance, j’avais
gardé mon imperméable le temps du voyage et je commençais à me dire que
je n’allais pas l’enlever de si tôt.
Un taxi m’attendait
patiemment, à l’arrêt, mais c’est normal pour une voiture d’attendre
patiemment. L’homme qui était à l’intérieur, le chauffeur en gros,
m’avait hélé en me montrant une pancarte avec mon nom, comme dans les
aéroports. Pour un peu, je serais passé sans le voir, désorienté que
j’étais par la vue du mauvais temps. Il avait deviné que ce devait être
moi à la vue de mes bagages. En effet, j’étais le seul voyageur à
porter une si grosse valise à cette période de l’année, et j’avais tout
sauf l’air d’un autochtone.
Durant le trajet, nous parlâmes de
la pluie et du beau temps, enfin surtout de la pluie, avec le
chauffeur, qui s’appelait Christian, et qui ma foi était bien brave.
J’appris alors avec effroi que ce mauvais temps s’était installé depuis
maintenant trois jours dans la région.
« Oh oui c’est un vilain temps, ça, Monsieur ! Mais au moins, là où je vous emmène...
-Le soleil brille !!! lançais-je spontanément, rassuré et enjoué ! »
Il fit un petit regard surpris.
«
Ah, ça j’en sais rien, dit-il, mais vous serez en bonne compagnie ! Je
ne les connais pas mais ils ont l’air de bien s’amuser, je les écoutais
ricaner lorsqu’ils m’ont téléphoné ! »
Je réalisais soudain que je
ne m’étais même pas renseigné sur mes deux compagnons de vacances. Je
les connaissais peut-être, après tout. Le monde est petit dans le
milieu universitaire. Une légère appréhension m’envahissait alors à
l’idée de tomber sur certains casse-pieds. Bah, j’allais bientôt être
fixé…
Christian s’arrêta devant un portail aussi gris que les
nuages du ciel. Il klaxonna à plusieurs reprises et, quelques instants
plus tard, nous pouvions pénétrer dans la cour. Le lieu était imposant
et à l’abri des curieux grâce à une enceinte murale assez haute. La
verdure dominait allégrement le paysage. Assez glauque et humide
compte-tenu du temps, il devait être magnifique à la pleine saison.
C’est
justement ce « il devait » qui m’inquiétait un peu. Le microclimat
annoncé était une chimère, j’en prenais maintenant pleinement
conscience. Mes jolies chemises ne serviraient pas, et j’allais devoir
ruser pour ne pas me faire avoir davantage. Toutefois, un élément me
rassurait, c’est l’état de villa. Vue de l’extérieur en tout cas, elle
était magnifique. Peut-être ses occupants avaient-t-ils un soupçon
d’honnêteté ? C’est ce que j’espérais sincèrement.
Un homme
s’approcha alors de nous, c’était sans doute lui qui avait ouvert le
portail. Il portait une casquette et je ne le reconnus pas tout de
suite. Mais lorsqu’il fut à deux mètres de moi et releva la tête en
riant de tout son sou, je reconnus Gontran des Capucines, mon collègue
spécialiste des chambres à air gastéropodes du Népal amérindien, qui
m’avait invité à déjeuner lors de l’épisode malheureux du lotus rose. «
Comment vas-tu Riton ? dit-il en me tapant sur l’épaule.
-Ha ha ha ! On savait que tu mordrais à l’hameçon ! »
L’homme
qui avait dit ça se tenait sur le porche d’entrée et il n’était autre
qu’Arthur de la Brave-Vache ! La folle équipée du lotus rose était de
nouveau réunie…
A suivre…